Meriem B 

La coopération médicale africaine prend une nouvelle dimension à l’Établissement hospitalo-universitaire 1er Novembre 1954 d’Oran. Cinq praticiens venus de Côte d’Ivoire, du Bénin et du Gabon y ont effectué une immersion d’une semaine consacrée aux techniques avancées d’urologie et à la transplantation rénale. Au cœur de cette initiative, un programme de 22 interventions chirurgicales destiné à favoriser le transfert de compétences et à préparer de futurs partenariats entre établissements de santé du continent.

Au-delà de l’apprentissage théorique, c’est au contact direct du bloc opératoire que les cinq médecins africains ont pu approfondir leurs connaissances. Accueillis au sein du service d’urologie de l’EHU d’Oran, ils ont été associés à une formation axée sur les pratiques chirurgicales spécialisées, sous la supervision du professeur Youssefi Mustapha Djamel, chef de service.

Réparties entre deux blocs opératoires, les 22 interventions programmées ont couvert plusieurs champs de l’urologie moderne. Les participants ont notamment pu suivre des opérations portant sur les tumeurs de la vessie et de la prostate, traitées par des techniques endoscopiques, ainsi que des interventions pour l’extraction de calculs urinaires par voie percutanée au laser.

Le programme a également intégré des actes relevant de l’andrologie, la pose de prothèses génitales et la transplantation rénale. La chirurgie percutanée pédiatrique a constitué un autre volet de cette formation, le service oranais disposant d’une expertise reconnue dans cette activité à l’échelle nationale.

L’expertise algérienne au service du continent

Pour les praticiens accueillis, cette expérience a permis de se familiariser avec des techniques dont la maîtrise représente un enjeu important pour l’évolution de la prise en charge urologique dans leurs pays respectifs. Si les pathologies rencontrées présentent de nombreuses similitudes d’un pays africain à l’autre, les conditions d’accès aux équipements spécialisés et aux technologies médicales demeurent variables. D’où l’intérêt de ces échanges, qui permettent de confronter les pratiques et d’identifier des pistes d’amélioration adaptées aux réalités locales.

La qualité de l’encadrement, la disponibilité des équipes et les conditions d’intégration au sein du service ont également marqué cette immersion professionnelle. Autant d’éléments qui contribuent à faire de la formation hospitalière un levier concret de coopération entre les systèmes de santé africains.

Un programme appelé à s’élargir

Cette initiative prolonge une démarche engagée en 2024 par le service d’urologie de l’EHU d’Oran. D’abord conçu pour favoriser les échanges entre médecins algériens, le dispositif s’est progressivement ouvert à des praticiens d’autres pays africains, avec l’ambition de dépasser le cadre ponctuel des stages pour installer une coopération plus structurée.

Pour le professeur Youssefi Mustapha Djamel, les défis sanitaires partagés par les pays africains constituent un socle favorable à la mutualisation des connaissances et au développement de collaborations durables. L’objectif est désormais de donner une suite à cette première expérience internationale à travers des conventions avec des établissements de santé du continent, afin de pérenniser les échanges et de renouveler les programmes de formation.

L’administration de l’EHU a contribué au bon déroulement de la session en assurant les conditions d’accueil des participants. La clôture du stage a été marquée par une cérémonie de remise de certificats, en présence de Mohamed Hebri Kadi, directeur général adjoint, représentant le directeur général, Rabah Bar.