Habib Benouda
La recomposition des listes de candidatures à l’Assemblée populaire de wilaya (APW) d’Oran réserve son lot de surprises. Plusieurs figures politiques de premier plan, rompues aux joutes électorales et bien ancrées dans le paysage local, ont été écartées de la course, bouleversant les équilibres au sein de différentes formations partisanes. Dans cette redistribution des cartes, deux personnalités font figure d’exception : l’ancien parlementaire Mohamed Tihami, du Parti des travailleurs (PT), et l’ancien président de l’APW d’Oran, Fethallah Chaâbni, du Front de libération nationale (FLN).
Le renouvellement des candidatures s’est ainsi transformé en un véritable exercice d’arbitrage pour les partis, contraints de revoir leurs choix et de reconsidérer la place de certaines figures historiques dans leurs stratégies électorales. Loin de se limiter à une seule famille politique, cette vague d’évictions a touché plusieurs formations, mettant en évidence les nouvelles exigences qui président à la confection des listes.
Pour nombre de personnalités écartées, le parcours politique, l’expérience acquise au sein des assemblées élues et l’ancienneté dans les structures partisanes n’auront donc pas suffi à préserver leur place. Ces absences, particulièrement remarquées dans les milieux politiques locaux, suscitent des interrogations sur les critères ayant guidé les arbitrages des directions partisanes et sur les perspectives offertes aux responsables qui ont longtemps occupé le devant de la scène.
Le renouvellement à l’épreuve des équilibres partisans
Derrière ces changements se dessine une équation délicate pour les états-majors politiques : concilier le poids des figures établies avec la nécessité de promouvoir de nouveaux profils, susceptibles de séduire l’électorat et de renforcer les chances de leurs formations. Dans un contexte où chaque candidature peut peser sur les résultats, la constitution des listes relève autant du calcul électoral que de la gestion des équilibres internes.
Le maintien de Mohamed Tihami et de Fethallah Chaâbni parmi les noms retenus tranche, à cet égard, avec le sort réservé à plusieurs autres personnalités connues. Le premier, ancien parlementaire représentant le Parti des travailleurs, et le second, qui a présidé l’Assemblée populaire de wilaya d’Oran sous les couleurs du FLN, figurent parmi les exceptions notables de cette recomposition.
Au-delà des cas individuels, ces choix remettent au centre du débat la question du renouvellement des élites politiques. Si l’ouverture aux nouvelles compétences constitue un enjeu pour les partis, elle ne va pas sans difficultés, notamment lorsqu’elle se traduit par la mise à l’écart de responsables disposant d’une expérience électorale et d’un ancrage politique déjà établis.
Des arbitrages qui pourraient peser sur la campagne
Les conséquences de ces décisions ne se mesureront pas uniquement à travers la composition définitive des listes. L’enjeu réside également dans la capacité des formations concernées à préserver leur cohésion et à faire accepter leurs choix par leurs bases militantes. L’éviction de candidats qui espéraient prendre part aux prochaines échéances peut, en effet, nourrir des mécontentements et fragiliser la dynamique collective si les arbitrages ne sont pas suffisamment acceptés en interne.
À l’approche de la campagne électorale, les partis devront donc transformer ces recompositions en avantage politique, en misant sur la complémentarité des profils retenus, la mobilisation de leurs militants et la crédibilité de leurs programmes. Car, au-delà des noms et des équilibres internes, c’est leur capacité à convaincre les électeurs qui déterminera la portée réelle de ces choix.
À Oran, cette redistribution des cartes ouvre ainsi une nouvelle séquence politique, dont les effets restent à mesurer. Les résultats du scrutin permettront de savoir si les nouvelles listes auront réussi à compenser l’absence de plusieurs figures familières et si les choix opérés par les directions partisanes répondront aux attentes de l’électorat. En définitive, ce sont les urnes qui trancheront sur la pertinence de cette recomposition.




