Habib Benaouda 

La prévention, la planification et la coordination s’imposent comme des priorités pour garantir la continuité des soins en cas de catastrophe. Cette exigence a été au cœur d’une journée régionale de sensibilisation organisée hier à Oran par l’Observatoire régional de la santé, sous l’égide de l’Institut national de santé publique, en collaboration avec l’Établissement hospitalo-universitaire (EHU) du 1er Novembre 1954, avec la participation de responsables du secteur sanitaire et d’acteurs de la gestion des risques dans la région Ouest.

Intervenant à cette occasion, le directeur de la santé et de la population de la wilaya d’Oran, Abdallah Kaci, a rappelé que les établissements de santé constituent des infrastructures vitales dont le fonctionnement doit être préservé avant, pendant et après toute catastrophe. Leur capacité à poursuivre leurs activités est déterminante pour assurer la prise en charge des malades et protéger les vies humaines.

Inondations, séismes et vagues de chaleur peuvent fragiliser les infrastructures, endommager les équipements et perturber des services indispensables, notamment l’alimentation électrique, l’approvisionnement en eau, l’assainissement, les télécommunications, les transports et les systèmes numériques. Face à ces menaces, le responsable a plaidé pour une approche anticipative permettant d’identifier les vulnérabilités, de réduire les risques et d’assurer la continuité des soins, tout en renforçant les capacités de rétablissement des structures sanitaires.

Cette démarche s’inscrit dans les orientations du Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe 2015-2030, des Objectifs de développement durable et de la couverture sanitaire universelle.

Un cadre juridique renforcé pour prévenir les risques

De son côté, la directrice de l’Observatoire régional de la santé d’Oran, la docteure Belarbi Nawal, a mis en avant le cadre juridique dont dispose l’Algérie en matière de prévention et de gestion des catastrophes. Elle a notamment cité la loi n° 24-04 du 26 février 2024, relative aux règles de prévention, d’intervention et de réduction des risques de catastrophe dans le cadre du développement durable.

Elle a également souligné que cette rencontre vise à favoriser le partage d’expériences, à évaluer les capacités des institutions et à améliorer la coordination entre les différents secteurs, dans la perspective d’un système de santé plus résilient et durable.

Plans d’urgence, simulations et équipements de secours

Pour sa part, le directeur général de l’EHU du 1er Novembre 1954 d’Oran, Bar Rabah, a insisté sur la nécessité de rompre avec une gestion essentiellement réactive des crises au profit d’une stratégie fondée sur l’anticipation et la préparation. Les catastrophes peuvent provoquer des coupures d’électricité et d’eau, interrompre les communications, entraver l’accès des patients et des équipes médicales, perturber l’approvisionnement en médicaments et entraîner un afflux massif de cas urgents.

Pour y faire face, il a préconisé l’évaluation périodique des risques, l’actualisation des plans d’urgence et de secours ainsi que l’organisation d’exercices de simulation pour tester la réactivité des équipes médicales, paramédicales, administratives et techniques. Il a également insisté sur la nécessité de sécuriser les réserves en eau, en oxygène médical et en médicaments, tout en garantissant le fonctionnement des groupes électrogènes et des moyens de communication, notamment dans les services des urgences, de réanimation, les blocs opératoires et les unités de soins intensifs.

La résilience des établissements sanitaires demeure, a-t-il souligné, une responsabilité partagée entre les directions, les personnels soignants et l’ensemble des acteurs chargés de la protection et de la gestion des urgences.

Les communications présentées lors de cette journée ont enfin porté sur le degré de préparation des structures sanitaires face aux catastrophes, à la lumière notamment des récents incendies de forêt enregistrés dans plusieurs wilayas, dont Jijel et Béjaïa, et des moyens mobilisés pour prendre en charge les blessés.