Wassila. B

Le représentant permanent de l’Algérie auprès de l’ONU, l’ambassadeur Amar Bendjama, a insisté, jeudi à New York, sur « l’urgence » de la réforme du Conseil de sécurité, tout en appelant à garantir « au moins deux sièges permanents » à l’Afrique au sein de cet organe.

« On ne saurait trop insister sur l’urgence d’une réforme du Conseil de sécurité », a affirmé M. Bendjama, lors de son intervention aux travaux de la 81 e session de l’Assemblée générale des Nations unies.

« Les lacunes structurelles du Conseil ont trop souvent limitée sa capacité à répondre efficacement aux défis pressants qui pèsent sur la paix et la sécurité internationales, en particulier ceux qui touchent le continent africain », a-t-il assuré.

« Le +Pacte pour l’avenir+ (une feuille de route pour moderniser l’ONU- ndlr) réaffirme l’urgence d’une réforme du Conseil de sécurité », a ajouté le représentant de l’Algérie, lors d’une rencontre consacrée, principalement, à la question de la représentation équitable au sein du Conseil de sécurité.

« Il nous incombe donc, à nous, Etats membres, de veiller à ce que le processus de réforme aboutisse à un Conseil de sécurité véritablement représentatif, efficace et démocratique. Avant tout, la réforme du Conseil de sécurité doit s’attaquer en priorité à l’injustice historique infligée à l’Afrique par sa sous-représentation et sa non-représentation persistante, tant parmi les membres permanents que non permanents », a-t-il signalé.

« A cet égard, l’Algérie réaffirme son soutien indéfectible à l’aspiration légitime de l’Afrique à obtenir une représentation pleine et équitable au sein du Conseil de sécurité », at-il dit. « Cette aspiration doit rester au cœur de tout processus de réforme et doit être poursuivie en totale conformité avec la position commune africaine, telle qu’elle est énoncée dans le consensus et la Déclaration de Syrte. Notre continent doit se voir attribuer au moins deux sièges permanents, assortis de toutes les prérogatives, y compris le droit de veto, ainsi que cinq sièges non permanents. préconisé le diplomate.

« Le fait de considérer l’Afrique comme un cas particulier dans le cadre du processus de réforme, tout en remédiant comme il se doit à la sous-représentation de l’ensemble de la région, renforcera la légitimité, la crédibilité et la responsabilité du Conseil de sécurité », a-t-il souligné. M. Bendjama a réaffirmé, en outre, « l’engagement inébranlable de l’Algérie en faveur d’une réforme globale et significative de cette importante instance. L’Algérie reste prête à collaborer de manière constructive avec tous les Etats membres dans le cadre d’un effort collectif visant à parvenir à une véritable réforme du Conseil de sécurité ».

Lutte contre le terrorisme 

L’Algérie, représentée par M. Mohamed Khaled, ambassadeur et représentant permanent de l’Algérie auprès de l’Union africaine (UA), a pris part jeudi à New York aux travaux de la 11e réunion informelle conjointe entre les membres du Conseil de sécurité des Nations unies et les membres du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA, consacré à plusieurs questions, dont la lutte contre le terrorisme en Afrique.

Les travaux ont également été portés sur les opérations de soutien à la paix, la mise en œuvre de la résolution 2719 du Conseil de sécurité, le rôle des jeunes dans la promotion de la paix et de la sécurité, l’exploitation illicite des ressources naturelles en tant que facteur d’exacerbation des conflits armés, outre la protection des enfants dans les conflits armés.

Une des sessions de cette réunion a été consacrée à l’examen des efforts conjoints de l’UA et des Nations unies dans la lutte contre le terrorisme sur le continent africain, notamment dans la région du Sahel.

Lors des débats consacrés à la lutte contre le terrorisme, l’Algérie a souligné que ce fléau ne constitue plus un défi régional circonscrit, mais représente désormais une menace croissante pour la paix et la sécurité internationales, nécessitant le renforcement de la coordination et de la coopération entre l’UA et l’ONU, ainsi que l’adoption d’une approche collective et durable pour y faire face.

Après avoir mis en garde contre l’élargissement du cercle de l’activité terroriste dans la région du Sahel et son expansion vers l’Afrique de l’Ouest, ainsi que son lien croissant avec la criminalité transfrontalière organisée, avec l’exploitation des nouvelles technologies, l’Algérie a souligné la nécessité d’intensifier l’échange de renseignements, de renforcer la coopération régionale et internationale et de tarir les sources de financement du terrorisme.

Dans cette optique, l’Algérie a mis en relief l’importance de passer de l’échange d’analyses et de diagnostics à la prise de mesures pratiques, concertées et durables, tout en consolidant le partenariat stratégique entre le CPS de l’UA et le Conseil de sécurité de l’ONU, en vue de contribuer au renforcement des capacités africaines pour faire face aux menaces terroristes et traiter les causes et conditions favorisant leur propagation. Par ailleurs, les Etats membres du CPS de l’UA ont salué les efforts du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, en sa qualité de Champion de l’Union africaine pour la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent, mettant en avant ses efforts visant à renforcer la coopération africaine et internationale et à intensifier les efforts conjoints pour faire face à ce fléau et consolider la paix, la sécurité et la stabilité sur le continent africain. Ils se sont également félicités des « Principes directeurs de l’Algérie » relatifs à la prévention, la détection et la neutralisation de l’utilisation des technologies financières nouvelles et émergentes à des fins terroristes, adoptés par le Comité contre le terrorisme (CCT) du Conseil de sécurité de l’ONU le 6 janvier 2025.

L’Algérie, représentée par M. Mohamed Khaled, ambassadeur et représentant permanent de l’Algérie auprès de l’Union africaine (UA), a pris part aux travaux de la 9e réunion consultative annuelle entre le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA et la Commission de consolidation de la paix des Nations unies, tenue au siège de l’ONU à New York sous le thème: « Promouvoir les synergies et les approches régionales à l’appui des priorités de consolidation de la paix en Afrique sous leadership national ».