
Wassila. B
Le Sahel peut compter sur l’Algérie. La décision du président Abdelmadjid Tebboune d’envoyer des unités de l’Armée nationale populaire en République du Niger, pour assurer la protection des intérêts énergétiques et économiques communs algéro-nigériens, mérite d’être saluée pour ce qu’elle est : un acte de souveraineté lucide, mûrement pesé et strictement encadré. Il s’agit d’assumer une responsabilité que commande la géographie et qu’exige l’intérêt national. Protéger des investissements stratégiques, sécuriser des infrastructures et préserver un partenariat économique mutuellement bénéfique : voilà une diplomatie qui ne se contente pas de discours, mais qui agit.
Cette décision a été prise dans le respect scrupuleux du cadre constitutionnel. Les deux chambres du Parlement, le Conseil de la nation puis l’Assemblée populaire nationale, ont approuvé à l’unanimité, en séances plénières à huis clos, la notification présidentielle, conformément aux articles 30 et 91 de la Constitution. Cette procédure rigoureuse témoigne de la solidité institutionnelle de l’État et de la convergence nationale autour d’un choix vital. Elle rappelle aussi que l’Algérie, forte de sa doctrine militaire historiquement défensive et du refus de tout engagement offensif à l’étranger, n’agit que dans le cadre d’une coopération bilatérale, à la demande officielle des autorités nigériennes.
Au-delà du Niger, c’est tout le Sahel qui est concerné. En sécurisant le bloc pétrolier de Kafra, dans la région d’Agadez, et en protégeant les intérêts de Sonatrach et de sa filiale SIPEX, l’Algérie se pose en acteur de stabilité, à la fois sécuritaire et économique. Dans une région en proie aux menaces transfrontalières et aux tentatives de déstabilisation, Alger oppose une réponse constructive : la protection des intérêts communs plutôt que l’ingérence, la coopération plutôt que la confrontation. Cette posture est d’autant plus nécessaire que des puissances extérieures, animées par des desseins de déstabilisation, s’emploient à fragiliser la région et à contrarier les intérêts légitimes des peuples sahéliens.
Cette décision s’inscrit dans une vision de long terme. Le forage du puits « Kafra Sud-Est 1 », lancé en août 2026 par les Premiers ministres algérien et nigérien et réalisé par ENAFOR, illustre la profondeur d’un partenariat énergétique qui lie l’avenir des deux nations. En protégeant ce partenariat, le président Tebboune protège des emplois, des revenus et des perspectives de développement partagés. L’Algérie confirme ainsi son rôle de pilier de la stabilité sahélienne : un pays qui assume ses responsabilités, respecte ses engagements et défend ses intérêts sans jamais renoncer à ses principes. C’est cela, une puissance responsable.

