Wassila. B
Le président de la République, Chef suprême des Forces armées, ministre de la Défense nationale, M. Abdelmadjid Tebboune, a décidé, lundi, d’envoyer des unités de l’Armée nationale populaire (ANP) en République du Niger, afin d’assurer la protection des intérêts énergétiques et communs économiques algéro-nigériens, indique un communiqué de la Présidence de la République.
Les deux chambres du Parlement algérien ont donné leur accord à la notification du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, relative à l’envoi d’unités de l’Armée nationale populaire (ANP) au Niger. Après l’approbation unanime du Conseil de la nation plus tôt dans la journée, l’Assemblée populaire nationale (APN) a également validé cette démarche à l’issue d’une séance plénière tenue à huis clos.
L’envoi d’un détachement de l’ANP dans le nord du Niger traduit une évolution significative de la stratégie algérienne au Sahel. Au-delà de la dimension militaire, cette décision répond à un impératif économique et sécuritaire : préserver les investissements énergétiques nationaux dans une région confrontée à des menaces transfrontalières persistantes. Pour Alger, la protection de ses intérêts à l’étranger devient ainsi un prolongement de sa politique de sécurité aux frontières.
Sur le plan juridique et diplomatique, les autorités algériennes insistent sur le caractère strictement défensif de cette mission. Devant la commission des affaires étrangères, le ministre Ahmed Attaf a précisé que le déploiement avait été effectué à la demande officielle des autorités nigériennes et que les militaires algériens n’avaient pas vocation à participer aux opérations de combat sur le territoire du Niger. Cette distinction est essentielle pour Alger, dont la doctrine militaire demeure historiquement marquée par le refus de l’engagement offensif de ses forces à l’étranger. Elle permet également de présenter cette présence comme une coopération bilatérale destinée à sécuriser des intérêts communs, plutôt que comme une intervention militaire.
L’enjeu principal se situe notamment autour du bloc pétrolier de Kafra, dans la région nigérienne d’Agadez, à environ 85 kilomètres de la frontière algérienne. Ce périmètre représente un actif stratégique pour Sonatrach, qui y intervient par l’intermédiaire de sa filiale SIPEX, dans le cadre d’un contrat de partage de production conclu en 2015 et reconduit en 2022. En août 2026, les Premiers ministres algérien et nigérien ont donné le coup d’envoi du forage du puits d’exploration « Kafra Sud-Est 1 ». Réalisé par ENAFOR, filiale de Sonatrach, le projet prévoit d’atteindre une profondeur de 3 900 mètres.




