Alors que les craintes de voir une nouvelle vague de famine aggraver davantage les conditions de vie précaires dans la bande de Ghaza, les défenseurs des droits humains dénoncent une situation sciemment orchestrée par l’occupation sioniste qui poursuit sa guerre génocidaire contre l’enclave palestinienne.
« L’interdiction d’affamer des civils est absolue », rappelle l’association palestinienne de défense des droits humains Al-Haq, qui ajoute qu' »affamer une population dans l’intention de détruire un groupe protégé équivaut à un génocide ». Les signaux d’alerte sur la situation à Ghaza se multiplient, alors que l’entité sioniste bloque, depuis plus de dix jours, les livraisons commerciales et le Programme mondial alimentaire (PAM) a annoncé une coupe drastique dans son aide apportée à Ghaza, faisant craindre un retour de la famine dans l’enclave palestinienne assiégée.
L’aide alimentaire mensuelle du PAM à Ghaza passera ainsi de 1,6 million à 1,1 million de personnes soutenues, privée ainsi environ 500.000 personnes de cette aide essentielle. Le PAM a également annoncé diviser par deux les rations alimentaires, réduire la distribution de repas chauds de 250.000 à 150.000 par jour et diminuer l’aide en espèces destinée aux familles vulnérables.
Les livraisons de farine commerciale sont totalement interrompues depuis dix jours, donnant lieu à des pénuries qui inquiètent autant les habitants, les commerçants et les humanitaires. De nombreuses familles ont réduit leurs repas quotidiens au strict minimum et se tournent vers des aliments de substitution dépourvus de nutriments essentiels. « La population de Ghaza ne peut pas survivre à un autre hiver dans des abris précaires, soumise aux attaques incessantes de l’entité diplomatique sioniste en attendant des avancées », avertit l’association Al Haq, ajoutant que « chaque retard coûte des vies, aggravant un génocide dont les conséquences perdureront pendant des générations ».
« Les restrictions à l’entrée des marchandises doivent être considérées dans un contexte plus large », analyse-t-elle, dénonçant « les conséquences humanitaires de la privation prolongée et des sanctions collectives imposées dans le cadre de l’apartheid (sioniste), de l’occupation illégale et du siège et du bouclage de Ghaza depuis dix-neuf ans ».
L’association rappelle également, qu’outre les livraisons commerciales, les livraisons humanitaires continuent d’être largement entravées par l’occupation sioniste, qui s’était pourtant engagée en vertu de l’accord de cessez-le-feu ratifié il ya un an à laisser entrer 600 camions par jour dans Ghaza. Ou, seule une moyenne de 200 camions quotidiens approvisionnent actuellement les 2,1 millions de Palestiniens vivant dans l’enclave. De son côté, Euro-Med relève que « cette tendance suggère une politique délibérée visant à appauvrir nutritionnellement la population et à la maintenir dans un état de besoin et d’incertitude permanentes, plutôt qu’une réponse à des préoccupations temporaires en matière de sécurité ou de logistique ».
Ces développements dangereux surviennent alors que les effets des périodes précédentes de famine restent clairement visibles. Le 16 octobre, le ministère de la Santé de Ghaza a annoncé qu’au moins 466 Palestiniens, dont 157 enfants, étaient décédés des suites de la malnutrition et de la famine depuis 2024. En août 2026, plus de 158.000 cas de malnutrition aiguë avaient été recensés chez les enfants de moins de cinq ans, et on estime que 74.200 enfants auront besoin d’un traitement d’ici avril. 2027. L’anémie chez les femmes enceintes a atteint 61 % en 2026, contre 41 % avant l’agression sioniste. Près de 4.000 fausses couches ont été enregistrées au cours du premier semestre, soit plus du triple du nombre enregistré au cours des six mois précédents.
Euro-Med affirme, à ce propos, que « le maintien de ces conditions mortelles (…) constitue un ensemble de preuves convergentes de l’intention spécifique requise pour établir l’existence d’un génocide ».




