Un partenariat algéro-chinois en acier !

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Wassila. B

Dans la zone industrielle de Draa El Hadja dans la wilaya de Msila, les ouvriers s’affairent sur un chantier colossal. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 500 millions de dollars d’investissement, 1 114 emplois directs à la clé, et déjà 60 % d’avancement. Ce n’est pas simplement une usine de plus qui sort de terre ; c’est le symbole d’un nouveau récit économique pour l’Algérie. Ce projet porté par le groupe chinois Jingdong Steel est, à bien des égards, un cas d’école. Il valide d’abord la pertinence des réformes engagées pour assainir le climat des affaires. Obtenir un contrat de concession en juin 2024 et afficher un tel taux de réalisation moins d’un an plus tard est une performance qui mérite d’être soulignée. Cela prouve que la machine administrative, longtemps perçue comme un frein, peut désormais devenir un accélérateur de croissance. Les mécanismes d’accompagnement mis en place par les autorités algériennes ne sont plus des vœux pieux : ils produisent des résultats tangibles, capables de rassurer les investisseurs étrangers les plus exigeants.

Mais au-delà de la prouesse logistique, c’est la philosophie même de ce projet qui mérite notre attention. Avec une capacité de 500 000 tonnes de tôles et tubes en acier, dont la moitié dédiée à l’exportation, Jingdong Steel ne vient pas simplement concurrencer le marché local. Elle inscrit l’Algérie dans une dynamique de hub régional. Pendant des décennies, nous avons exporté des hydrocarbures et importé de l’acier. Désormais, nous posons les jalons d’une industrie lourde capable de capter de la valeur ajoutée et de s’imposer sur les marchés internationaux. Chaque tube qui sortira de Draa El Hadja pour être expédié à l’étranger sera un ambassadeur de la résilience industrielle algérienne.

Le détail le plus frappant, celui qui distingue ce projet des investissements étrangers d’antan, reste l’intégration locale. L’engagement d’utiliser 80 % de matières premières produites en Algérie est une petite révolution. C’est la fin du modèle de l’usine « tournevis » qui se contentait d’assembler des pièces importées. Ici, on mise sur le contenu local, on dynamise en amont les mines et les fournisseurs nationaux. C’est un cercle vertueux qui se met en place.

Enfin, saluons la clairvoyance des promoteurs d’avoir intégré un centre de formation dédié au transfert de technologie. Parce qu’une usine, sans les compétences pour la faire fonctionner, n’est qu’un amas de tôle. Ce centre est le garant de la pérennité du projet. Il formera la prochaine génération d’ingénieurs et de techniciens algériens, ceux qui, demain, non seulement feront tourner cette usine, mais innoveront et créeront les industries du futur.

Le projet de Jingdong Steel à Draa El Hadja est une excellente nouvelle. Il nous rappelle que lorsque la volonté politique rencontre un partenaire solide, lorsque les réformes rencontrent le terrain, l’Algérie peut redevenir un chantier gigantesque. Il ne s’agit plus seulement de construire des usines, mais de construire une économie souveraine et prospère. Le cap est donné ; il nous appartient de le maintenir.