Wassila. B

L’Assemblée populaire nationale (APN) examine une proposition de loi visant à encadrer strictement l’usage du téléphone portable chez les mineurs. Le texte, déposé par le député Moussa Kharfi, pourrait notamment sonner le glas des smartphones dans les établissements scolaires.

L’initiative parlementaire cherche à instaurer un juste milieu entre l’inévitable essor technologique et la nécessité de préserver la santé et l’équilibre des plus jeunes. « Il s’agit de trouver un équilibre entre l’utilisation des nouvelles technologies, qui connaissent une expansion rapide, et la protection sanitaire, éducative et psychologique des mineurs », explique l’élu dans l’exposé des motifs de sa proposition.

Le dispositif prévoit plusieurs mesures concrètes, à commencer par l’interdiction pure et simple d’introduire des smartphones dans les écoles. Le texte envisage également un encadrement des conditions de possession pour les moins de seize ans, ainsi que l’obligation d’obtenir un accord parental pour tout achat d’appareil par un mineur.

Moussa Kharfi insiste sur la vulnérabilité particulière des enfants face aux outils numériques. Les smartphones, rappelle-t-il, ont cessé d’être de simples téléphones pour devenir de véritables portes d’entrée vers des univers numériques sans limites, décrits comme « des espaces numériques ouverts permettant d’accéder à une quantité considérable d’informations, d’images, de vidéos et d’applications interactives ».

Le député pointe plusieurs risques associés à une utilisation excessive, citant des études récentes qui établissent des liens entre la pratique intensive des écrans et divers troubles chez les enfants, qu’il s’agisse de problèmes de vue, de sommeil ou d’obésité, sans oublier les impacts potentiels sur le développement neurologique et psychologique. Il met également en garde contre les dangers sécuritaires et éthiques, évoquant l’exposition à des contenus inappropriés et les risques d’exploitation en ligne auxquels les mineurs peuvent être confrontés.

Reste à savoir si cette proposition franchira les étapes du processus législatif et, le cas échéant, comment elle sera appliquée sur le terrain. Une chose est sûre : le débat sur la place du numérique à l’école est loin d’être clos.