
Wassila. B
Il fut un temps où l’on mesurait la maturité d’une nation à la hauteur de ses buildings ou à la puissance économique. L’Algérie d’aujourd’hui, sans renier aucun de ces marqueurs de souveraineté, ajoute un critère autrement plus significatif : la place qu’elle accorde à ses femmes dans la construction de son destin. Le président Tebboune a rendu un vibrant hommage à la femme algérienne et a souligné les grand progrès réalisés par l’Algérie en matière d’égalité des droits entre les femmes et les hommes. C’est aussi le sens de la cérémonie présidée samedi soir par M. Saïd Sayoud à l’École supérieure de Police Ali-Tounsi qui n’était pas un énième rendez-vous protocolaire du 8 mars. Elle fut le miroir éclatant d’une révolution silencieuse mais fulgurante. En distinguant des moudjahidate, ces survivantes d’une épopée où le sacrifice n’avait pas de genre, aux côtés de ministres, de hauts cadres et de 20.833 femmes en tenue de la Sûreté nationale, le ministre de l’Intérieur a dessiné une ligne claire : celle d’une continuité historique. La femme qui portait la valise de la révolution hier est la même qui porte aujourd’hui la responsabilité d’un commissariat, d’un ministère ou d’un laboratoire scientifique. Le fil conducteur est celui du courage et de la compétence.Car le véritable progrès ne réside pas seulement dans les chiffres, aussi éloquents soient-ils, plus de vingt mille policières exerçant dans des spécialités de leadership. Il réside dans la normalisation de l’exception. Le fait qu’une femme dirige des unités d’élite ou participe à la décision stratégique nationale n’est plus, ou n’est plus perçu comme, une anomalie. C’est le fruit d’une « vision judicieuse » soulignée par M. Sayoud, celle du président Abdelmadjid Tebboune, qui a érigé l’accès des compétences féminines aux plus hautes fonctions en marqueur de son mandat. L’Algérie a ceci de particulier qu’elle ne peut pas plaider pour les droits des femmes sans convoquer l’histoire. Les « pages lumineuses » évoquées par le ministre ne sont pas de la poésie : elles sont le testament de Hassiba Ben Bouali, l’héritage des veuves de la guerre qui ont relevé une nation en ruine. Aujourd’hui, cet héritage se décline au féminin dans la rigueur des textes de loi et la présence concrète dans l’appareil sécuritaire.
Le message envoyé depuis l’école Ali-Tounsi est donc double. À l’intérieur, il rassure une société en mutation : la tradition n’est pas l’ennemie du modernisme, la femme peut être gardienne des valeurs nationales tout en étant gardienne de la paix. À l’extérieur, il affirme que l’Algérie, souvent jugée à l’aune de ses défis, construit aussi ses réussites. En honorant ces femmes, le ministre Sayoud et le Directeur général de la Sûreté nationale n’ont pas seulement salué des carrières exemplaires. Ils ont acté une vérité profonde : la gloire de l’Algérie, pour reprendre les mots du ministre, est désormais indissociable de l’émancipation de ses femmes.


