L’Algérie et l’Italie optent pour une alliance durable

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Wassila. B
L’accueil officiel réservé hier par le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, à la présidente du Conseil des ministres italien, Mme Georgia Meloni, n’est pas un simple fait protocolaire. Il s’inscrit dans la continuité d’une dynamique diplomatique et économique soutenue qui transforme profondément les relations entre Alger et Rome. En ces temps de recomposition géopolitique, la visite de travail et d’amitié de Mme Meloni, ponctuée par des entretiens en tête-à-tête puis élargis aux délégations, témoigne d’une volonté partagée : celle de hisser un partenariat déjà exemplaire au rang d’alliance stratégique durable. Cette rencontre est en effet la dernière étape en date d’un dialogue constant qui s’est intensifié ces dernières années. Elle fait écho à la visite officielle du président Tebboune en Italie en juillet dernier, marquée par la tenue du 5e Sommet intergouvernemental de haut niveau, et plus récemment à la participation du chef de l’État au sommet du G7 à Bari, à l’invitation de Mme Meloni. Ce ballet diplomatique de haut niveau, auquel s’ajoutent les échanges entre les chefs d’État et les visites de responsables militaires, démontre que les deux pays ont choisi de privilégier le dialogue direct et la coordination permanente.
Au-delà de la diplomatie, cette convergence repose sur des fondations solides. Le Traité d’amitié, de coopération et de bon voisinage lie les deux nations depuis plus de deux décennies, mais c’est aujourd’hui que sa substance se déploie pleinement. Les accords conclus dans des secteurs aussi variés que l’agriculture, la pêche, l’énergie, la défense, la lutte antiterroriste ou encore la production cinématographique dessinent les contours d’une coopération globale. La création prochaine d’une chambre de commerce algéro-italienne ne fera que renforcer cette intégration économique.
Mais c’est peut-être sur le plan énergétique et régional que cette relation prend toute sa dimension stratégique. L’Algérie, acteur majeur de la stabilité énergétique en Méditerranée, et l’Italie, plateforme industrielle de premier plan, ont su transformer leur relation commerciale en un levier de stabilité régionale. Le président Tebboune l’a d’ailleurs souligné avec justesse : l’expérience algéro-italienne constitue aujourd’hui un levier concret pour des initiatives comme le Plan Mattei, démontrant que la volonté politique et la confiance mutuelle peuvent porter des fruits tangibles au service des intérêts des peuples et de la stabilité commune. L’entretien entre les deux dirigeants intervient dans un contexte international marqué par des tensions multiples, où la sécurité énergétique, la stabilité du voisinage méditerranéen et la lutte contre les menaces transfrontalières sont au cœur des préoccupations. À cet égard, la convergence de vues entre Alger et Rome sur les questions régionales et internationales est un atout considérable. Elle permet aux deux pays de jouer un rôle stabilisateur, loin des discours clivants, en misant sur la coopération concrète.