
En moins d’un mois, Alger est devenue une étape incontournable pour des délégations de haut niveau venues des quatre coins du monde. De l’Italie à l’Espagne, en passant par la Serbie, le Qatar, l’Inde et la Côte d’Ivoire, un chapelet de visites officielles témoigne d’une réalité que les observateurs avisés ne peuvent plus ignorer : l’Algérie s’impose comme un partenaire stratégique de premier plan dans le secteur des hydrocarbures et des mines.
Cette effervescence diplomatique ne doit rien au hasard. Dans un contexte géopolitique marqué par une recomposition des équilibres énergétiques mondiaux et une pression accrue sur le marché gazier consécutive aux tensions américano-iraniennes, le pays dispose d’atouts majeurs. Sa stabilité politique, son savoir-faire accumulé depuis des décennies dans l’exploration et la production, ainsi que sa position de fournisseur fiable, font de l’Algérie un partenaire convoité. Mais au-delà de la conjoncture, c’est une vision stratégique de long terme qui se dessine. L’Algérie ne se contente pas de vendre ses ressources ; elle construit une architecture de coopération diversifiée. Avec la Côte d’Ivoire, c’est un accord de coopération sud-sud qui a été scellé, ouvrant la voie à un partage d’expertises et à des investissements concrets. Avec la Serbie, les discussions ont porté aussi bien sur le pétrole et le gaz que sur les industries de transformation, la numérisation et la fabrication d’équipements. Avec l’Inde, c’est l’ambition d’élargir la coopération commerciale avec Sonatrach, notamment dans le GNL et les produits pétroliers, tandis que le Qatar affiche clairement son intention de renforcer ses investissements tout au long de la chaîne de valeur.
Cette stratégie de diversification des partenaires, portée par le ministre Mohamed Arkab, est une marque de lucidité. Dans un monde où la sécurité énergétique est devenue une préoccupation majeure des grandes puissances, l’Algérie fait le choix d’une diplomatie active et multidimensionnelle. Elle ne se laisse pas enfermer dans une dépendance exclusive, mais cultive un réseau de relations équilibré, à la fois avec les pays du Nord et ceux du Sud. L’Algérie est ouverte aux investissements, prête à partager son expertise, désireuse d’aller au-delà de l’exportation de ses ressources brutes pour développer des industries de transformation et des partenariats technologiques. Le climat des affaires, jugé « favorable » par les investisseurs qataris, n’est plus un slogan mais une réalité que les visiteurs successifs semblent confirmer.
Il reste désormais à transformer ces engagements en réalisations concrètes. La nomination de points focaux techniques avec la Côte d’Ivoire, l’élaboration de cadres juridiques pour les projets prioritaires et le lancement rapide des travaux communs sont des premières étapes encourageantes. L’édifice se construit pierre par pierre, mais les fondations sont solides.


