Djamila.M
L’Université d’Oran 1 a accueilli un colloque national réunissant une quarantaine de participants – professeurs, chercheurs, représentants de la société civile et associations actives – pour débattre du rôle clé des universités dans l’encadrement et la promotion du volontariat sociétal. Organisé par la Faculté des sciences islamiques en partenariat avec le laboratoire de recherches sur les études coraniques et les finalités (makassid), cet événement intitulé « Le volontariat entre exigence légale et impératifs du développement durable » vise à passer d’initiatives individuelles sporadiques à un système institutionnalisé, scientifique et légal, face aux défis socio-économiques actuels.
Le recteur appelle à une « systématisation » du volontariat étudiant
Dans son discours d’ouverture, le recteur de l’Université d’Oran 1, le Dr. Amine Abdelmalek, a insisté sur l’urgence pour le milieu académique de transformer le volontariat en une « système intégré ». « Le volontariat n’est plus un simple loisir étudiant ; il forge une personnalité responsable, actrice du changement et partenaire du développement, au-delà du rôle passif de récepteur de services », a-t-il déclaré. Il a plaidé pour un passage des initiatives isolées et saisonnières à une structure nationale efficace, transparente et adaptée aux mutations sociales. L’université soutient activement les activités étudiantes en la matière, via la création d’un club dédié pour développer l’intelligence sociale aux côtés de la formation académique. Le recteur a salué les projets de recherche et campagnes qui renforcent leadership et responsabilité chez les étudiants, affirmant que l’alliance entre recherche scientifique et action de terrain créera une dynamique nouvelle au service du développement durable. « Le volontariat est une nécessité sociétale qui exige planification, organisation et coordination entre universités, institutions et acteurs civils », a-t-il conclu.
Vers un volontariat institutionnalisé et connecté
Le Pr. Benbachir Omar, vice-recteur de la Faculté des sciences islamiques, a appelé à élever le volontariat de son caractère individuel vers un modèle institutionnel fondé sur des bases scientifiques. Le colloque intègre théorie (interventions académiques) et pratique (témoignages d’associations), favorisant idées novatrices. Parmi les objectifs : créer une banque de données sur les besoins des vulnérables (pauvres, orphelins) pour coordonner efforts associatifs. Des entités comme les Scouts Musulmans, le Croissant Rouge (CRA) et des associations caritatives participent, avec expositions et activités parallèles illustrant le volontariat algérien.
Le Pr. Benmaamar Mohamed, président du conseil scientifique de la faculté, a souligné la dimension makassid (finalités islamiques) du volontariat, complémentaire à l’action civile. « Notre société a besoin d’une culture du volontariat pour pallier les défis que l’État ne peut assumer seul ; il est pilier de la solidarité sociale », a-t-il dit, citant l’engagement associatif lors des fêtes religieuses ou de la pandémie de Covid-19. Il insiste sur un encadrement académique pour pérenniser ces initiatives.
Le directeur des Affaires religieuses de la wilaya d’Oran a quant à lui vanté la collaboration université-institutions pour un volontariat « effectif et structuré », passant de l’improvisation à l’encadrement académique. Le Pr. Belhaj, du département d’Histoire, a rappelé les racines historiques : système des waqfs, associations pour l’éducation et la charité, rénovations de mosquées par efforts populaires. « Le volontariat doit s’étendre à la santé, l’éducation et l’humanitaire », a-t-il ajouté.
Un appel à ancrer le volontariat dans le tissu social
La directrice du laboratoire a exhorté à lier l’étudiant à la société, en instillant solidarité et entraide via des mécanismes concrets. Ces rencontres doivent dépasser la théorie pour des actions ouvertes sur le campus, engageant associations et favorisant immersion étudiante. « Le volontariat est essentiel pour une société cohérente face aux défis ; poursuivons son organisation au service du développement national », a-t-elle lancé.
Ce colloque marque une étape décisive pour institutionnaliser le volontariat, aligné sur les enjeux de durabilité et de cohésion sociale en Algérie.




