Meriem B

Au siège du journal El Djoumhouria à Oran, le « Forum du journal » a marqué, ce mardi, la célébration de la Journée mondiale de la liberté d’expression à travers une rencontre de réflexion réunissant journalistes, universitaires et figures majeures des médias nationaux. L’événement a offert un espace d’échange sur les mutations profondes du paysage médiatique, dans un contexte marqué par l’accélération du numérique et la transformation des pratiques professionnelles.

La rencontre a réuni la PDG du groupe médiatique El Djoumhouria, Mme Leila Zarkit, l’invitée d’honneur Nouara Saadia DJAFAAR, journaliste et ancienne ministre et sénatrice, la PDG du groupe CapDz Mme Hafeda Benarmas, ainsi que la voix emblématique de la radio d’Oran Ibtissem Kadri. Mme Yakout Aissani, représentante de l’observatoire de la société civile, a également pris part aux échanges, aux côtés d’un large panel de journalistes et de professionnels des médias.

Les interventions ont mis en évidence les défis contemporains de la profession, entre exigence de rigueur, lutte contre la désinformation et nécessité d’adaptation aux nouveaux usages numériques. Elles ont également rappelé le rôle central de la presse dans la consolidation du lien social et la production d’une information fiable au service du public.

LEILA ZARKIT : « EL DJOUMHOURIA, UNE ÉCOLE DE PASSION ET DE FIDÉLITÉ AU MÉTIER »

Dans une allocution d’ouverture marquée par une forte charge symbolique, la PDG du groupe El Djoumhouria, Mme Leila Zarkit, a exprimé sa satisfaction d’accueillir une figure emblématique du journalisme national en la personne de Nouara Saadia DJAFAAR.

Elle a qualifié cette rencontre de moment attendu, traduisant la reconnaissance d’un parcours qui a marqué plusieurs générations de professionnels et de téléspectateurs. Mme Zarkit a souligné que la présence de l’invitée d’honneur constitue un repère pour la profession, incarnant la continuité et la transmission des valeurs du journalisme.

Elle a rappelé que le journal El Djoumhouria s’inscrit dans une tradition professionnelle fondée sur la rigueur, la passion et le sens du service public. L’entreprise médiatique, a-t-elle insisté, demeure un espace de formation et de construction des vocations, où se forgent les principes d’éthique et de responsabilité.

La PDG a également mis en avant la présence d’Ibtissem Kadri, figure historique de la radio d’Oran, saluant le parcours des femmes qui ont contribué à structurer le paysage médiatique national. 

Mme Leila Zarkit a également salué le parcours de la journaliste et PDG du groupe médiatique CapDz, Mme Hafeda Benarmas, mettant en avant une trajectoire professionnelle riche, construite à la fois sur l’expérience du terrain et sur une vision stratégique du développement des médias. Elle a souligné sa capacité à conjuguer pratique journalistique et responsabilité managériale, tout en contribuant à renforcer la place de l’information crédible et professionnelle dans un paysage médiatique en constante évolution. Mme Zarkit a estimé que ce parcours constitue un exemple de leadership féminin et d’engagement au service d’une presse moderne, exigeante et attachée à ses fondamentaux éthiques.

Elle a enfin réaffirmé l’engagement du groupe médiatique d’El Djoumhouria à défendre une presse ouverte, crédible et au service de la société, insistant sur la nécessité de préserver l’équilibre entre héritage professionnel et modernisation des pratiques.

NOUARA SAADIA DJAFAAR : « LE PROFESSIONNALISME RESTE LE REMPART ESSENTIEL FACE AU CHAOS INFORMATIONNEL »

Invitée d’honneur du forum, Nouara Saadia Djaafar a développé une analyse approfondie des mutations du secteur des médias et des enjeux liés à la circulation de l’information à l’ère numérique.

Elle a rappelé que si le cadre légal encadrant l’activité médiatique en Algérie constitue une base organisationnelle importante, il ne saurait à lui seul garantir la qualité de l’information ni protéger le public contre les dérives informationnelles.

Selon elle, l’enjeu principal réside dans la construction d’une véritable « immunité médiatique », fondée sur la formation, l’éducation aux médias et la sensibilisation du citoyen face à la multiplication des contenus numériques.

Elle a insisté sur la nécessité de renforcer la formation continue des journalistes, considérant que la maîtrise des outils numériques, la rapidité de traitement de l’information et l’innovation éditoriale sont devenues des exigences incontournables pour la profession.

Dans un moment fort de son intervention, elle a évoqué la mémoire de la décennie noire, rendant hommage aux journalistes qui ont exercé leur métier dans des conditions extrêmement difficiles, parfois au prix de leur vie. Elle a souligné que ce souvenir constitue un élément central de l’histoire de la presse nationale et un rappel permanent du prix de la liberté d’expression.

Elle a conclu en saluant le rôle de la presse nationale dans la consolidation de la conscience collective, affirmant que le journalisme demeure un pilier essentiel dans la construction du lien entre institutions et citoyens, ainsi que dans la préservation de la cohésion sociale.

IBTISSEM KADRI : « LA RADIO, UNE ÉCOLE DE TRAC, DE PASSION ET DE TRANSMISSION »

Figure emblématique de la radio d’Oran, Ibtissem Kadri a livré une intervention empreinte d’émotion et de souvenirs professionnels, revenant sur son parcours dans les studios de la radio nationale.

Elle a exprimé sa reconnaissance pour cette rencontre, saluant la qualité de l’organisation et la richesse des personnalités présentes. Elle a évoqué ses débuts derrière le micro, marqués par le trac mais surtout par une passion profonde pour le métier.

Elle a rappelé que la radio demeure un espace de proximité avec le public, un média de confiance qui a accompagné des générations entières et formé de nombreux professionnels de l’information.

Dans une séquence marquée par la spontanéité, elle a souligné la dimension humaine du métier, insistant sur le rôle de la voix comme vecteur d’émotion, de vérité et de transmission. Elle a ensuite procédé à l’ouverture des échanges, appelant à un dialogue constructif entre les participants.

HAFEDA BENARMAS : « INNOVER POUR PRÉSERVER LA CRÉDIBILITÉ DE L’INFORMATION »

En marge du Forum, la PDG du groupe médiatique CapDz, Mme Hafeda Benarmas, a mis en lumière les profondes transformations que connaît le secteur des médias, notamment sous l’effet de la transition numérique et de la diversification des supports de diffusion.

Elle a souligné que les entreprises de presse doivent s’adapter en permanence à un environnement en mutation rapide, tout en préservant les fondamentaux de leur mission : vérification, crédibilité et responsabilité éditoriale.

Mme Benarmas a insisté sur la nécessité de renforcer les capacités d’innovation dans la production de contenus, tout en maintenant une vigilance accrue face aux risques de désinformation et à la pression de l’immédiateté.

Elle a appelé à développer des synergies entre les médias, les institutions de formation et les acteurs du numérique afin de garantir une information fiable, accessible et adaptée aux nouveaux usages.

Elle a également salué l’initiative du forum d’El Djoumhouria, qu’elle a qualifié d’espace essentiel de dialogue professionnel, soulignant que les médias publics et privés partagent désormais les mêmes défis structurels face aux mutations globales du secteur.

YAKOUT AISSANI : « LA PRESSE EST UN ACTEUR CLÉ DE LA COHÉSION SOCIALE »

Mme Yakout Aissani, représentante de l’observatoire de la société civile, a insisté sur le rôle stratégique des médias dans le renforcement de la cohésion sociale et la consolidation de la confiance entre les institutions et les citoyens.

Elle a souligné l’importance d’un traitement équilibré et responsable de l’information, capable de répondre aux attentes du public tout en respectant les principes d’éthique et de vérification.

Elle a également salué l’ouverture du forum à différents acteurs institutionnels et professionnels, estimant que ce type d’initiative contribue à enrichir le débat public et à renforcer la culture du dialogue.

DES FIGURES DU JOURNALISME HONORÉES DANS UN MOMENT DE RECONNAISSANCE COLLECTIVE

La rencontre s’est achevée par une cérémonie d’hommage en l’honneur de Nouara Saadia DJAFAAR, Ibtissem Kadri, Hafeda Benarmas et Mme Yakout Aissani, en reconnaissance de leur contribution respective au développement du paysage médiatique et au débat public.

L’ensemble des journalistes présents a également été honoré, dans un geste symbolique soulignant la place centrale de la profession dans la société et la valeur de son engagement quotidien.

Cette séquence finale a donné une dimension humaine à la rencontre, consacrant un moment de reconnaissance collective et de valorisation du métier.

Le forum du journal El Djoumhouria s’impose ainsi comme un espace de réflexion durable sur les enjeux de la presse contemporaine, où se conjuguent mémoire professionnelle, adaptation aux mutations numériques et affirmation du rôle essentiel de l’information dans la société.