Le tournant stratégique du partenariat algéro-américain

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Wassila. B

Ce mois de mai 2026 restera comme une séquence diplomatique et économique majeure pour l’Algérie. En l’espace de quelques jours, deux délégations nationales de premier plan foulent le sol américain pour participer à des événements d’envergure mondiale : le « Select USA Investment Summit » dans le Maryland, et l’Offshore Technology Conference (OTC) à Houston. Une double présence qui n’a rien du hasard, mais tout d’une stratégie assumée.

D’un côté, le Conseil du renouveau économique algérien (CREA), avec le soutien actif de l’ambassade des États-Unis à Alger et de la représentation diplomatique algérienne à Washington, conduit une trentaine de chefs d’entreprise. Leur objectif ? Explorer les voies d’un partenariat économique renforcé, secteur par secteur, et promouvoir l’Algérie comme terre d’investissement. De l’autre, une délégation dédiée à l’énergie prend part à la plus grande conférence technologique offshore au monde, sous le regard fier du Foreign Commercial Service américain.

Ces participations simultanées ne constituent pas un simple fait d’agenda. Elles traduisent une volonté claire : diversifier les alliances économiques de l’Algérie, attirer les capitaux et les savoir-faire, et affirmer son rôle d’acteur incontournable en Afrique du Nord. Selon Kamel Moula, président du CREA, la délégation algérienne arrive à ce sommet de l’investissement classée première parmi les pays nord-africains, et parmi les plus représentatives du monde. Une reconnaissance qui honore le tissu économique national. Les échanges programmés avec les opérateurs américains et les agences de promotion porteront sur des partenariats concrets, dans un climat des affaires que l’Algérie s’attelle à moderniser. En marge des sessions officielles, des rencontres bilatérales permettront d’approfondir les synergies. La présence de Mark Shapiro, chargé d’affaires de l’ambassade américaine, souligne l’importance accordée à ce rapprochement.

Quant à l’OTC, ce n’est pas un salon parmi d’autres. C’est le lieu où se dessinent les futurs équilibres énergétiques mondiaux. Que l’Algérie y envoie une délégation suivie par l’ambassade américaine elle-même est un signal fort : Alger entend peser dans les transitions et les technologies de demain, sans renoncer à son héritage énergétique.

Ces deux missions ne sont pas des fins en soi. Elles sont les étapes visibles d’une politique de reconquête économique et d’ouverture. En misant sur la complémentarité entre énergie et investissement diversifié, l’Algérie montre qu’elle a compris une réalité essentielle : le développement ne se décrète plus seul, il se co-construit, au-delà des frontières. Et Washington, en cette fin de printemps 2026, est le théâtre idéal pour écrire cette nouvelle page.