L’Algérie parmi les économies les plus dynamiques

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Wassila. B

Les bonnes nouvelles, en économie, sont souvent accueillies avec enthousiasme. La dernière prévision de la Banque africaine de développement (BAD), une croissance de 4,1 % du PIB algérien en 2026, mérite une analyse. Non seulement ce taux dépasse nettement les précédentes estimations (3,4 %), mais il place l’Algérie parmi les économies les plus dynamiques du continent, dans un environnement mondial pourtant incertain. Cette perspective flatteuse ne sort pas de nulle part. Elle repose sur des fondamentaux que l’on ne peut ignorer : la résilience de l’économie nationale, soutenue par un investissement public soutenu et par la montée en puissance des secteurs hors hydrocarbures. L’industrie manufacturière et l’agriculture, trop souvent reléguées au second plan dans les analyses macroéconomiques, tirent désormais leur épingle du jeu. Ajoutons à cela une consommation des ménages qui reste solide, et l’on comprend mieux pourquoi la BAD, comme la loi de finances 2026, s’accorde sur ce chiffre de 4,1 %. Mais il y a plus encourageant encore : le net repli de l’inflation. Passée de 4,4 % en 2024 à 1,7 % en 2025, la hausse des prix ( notamment alimentaire) se tasse. Ce n’est pas un détail technique. C’est le signe que le pouvoir d’achat des Algériens, malgré les tensions, résiste. Et c’est aussi le carburant d’une confiance qui reste fragile mais réelle.

Cette embellie ne doit cependant pas occulter les défis structurels qui persistent. La croissance annoncée par la BAD, aussi prometteuse soit-elle, reste tributaire d’un équilibre délicat entre les dépenses publiques massives et la nécessité d’assainir les finances publiques. Si l’investissement public joue pleinement son rôle de locomotive, il convient de veiller à ce qu’il ne génère pas des déséquilibres à moyen terme, notamment sur le front de la masse salariale ou des subventions.

Le secteur privé, véritable levier d’une croissance durable et créatrice d’emplois, attend des signaux plus forts : simplification administrative, accès au foncier et au financement, sécurité juridique. Sans une véritable éclosion de l’initiative privée nationale, les 4,1 % de 2026 risquent de rester un pic conjoncturel plutôt que le début d’une ère nouvelle. Sur le plan social, la BAD est tout aussi claire : l’Algérie figure parmi les pays les plus développés du continent en matière d’indice de développement humain. L’accès aux services sociaux de base, renforcé par la politique publique, a réduit les inégalités. Voilà qui donne du sens à la croissance. Une croissance sans progrès social n’est qu’une statistique. Celle que nous annoncent les experts de Brazzaville a, au moins, l’ambition d’être inclusive. La diversification progresse et elle a radicalement transformé la structure de l’économie. Les tensions géopolitiques, les caprices des marchés énergétiques et l’incertitude mondiale demeurent des épées de Damoclès. La BAD le rappelle elle-même.