Meriem B 

« C’en est fini des tentes sauvages, du racket des parkings et des fins de semaine gâchées par la privatisation illégale du sable. À Oran, la saison estivale 2026 s’ouvre sous le signe de la reconquête citoyenne. Depuis la plage emblématique de Madagh, les autorités locales ont tapé du poing sur la table : le littoral appartient au peuple, et l’accès y sera non seulement libre, mais surtout gratuit et encadré.
Pour transformer cette promesse en réalité, la wilaya mise sur une arme inédite : le déploiement sur le terrain de plus de 250 agents d’accueil et d’orientation d’un nouveau genre. »

Derrière cette annonce forte, c’est une véritable réorganisation de la gestion du littoral oranais qui se met en place à l’aube de la saison estivale. L’objectif affiché par les autorités locales ne se limite plus à la simple préparation logistique des plages, mais vise une reprise en main globale de l’espace public balnéaire, longtemps marqué par des pratiques informelles et des désordres récurrents.

Réunis lors d’une rencontre de travail tenue sous la supervision du wali d’Oran, les futurs agents ont été officiellement préparés à leur mission de terrain. Leur rôle dépasse celui d’un simple dispositif d’accueil saisonnier : ils sont appelés à devenir les premiers acteurs visibles d’une nouvelle organisation des plages, fondée sur la proximité avec les citoyens, la régulation des flux et la garantie d’un accès équitable aux espaces de baignade.

Sur le terrain, leur présence devra répondre à plusieurs défis simultanés. D’abord, accompagner les familles dans l’occupation des espaces publics en facilitant leur installation dans les zones prévues à cet effet. Ensuite, encadrer l’utilisation du mobilier balnéaire mis à disposition gratuitement, afin d’éviter toute dérive ou exploitation abusive. Enfin, assurer une mission d’orientation permanente pour fluidifier la circulation et améliorer l’expérience des estivants.

Cette réforme de terrain s’inscrit dans un contexte où la pression estivale sur les plages de la wilaya, à l’instar de toutes les villes côtières, atteint chaque année des niveaux élevés, générant parfois tensions, désorganisation et sentiment d’injustice dans l’accès aux services. Les autorités misent donc sur une présence humaine renforcée et structurée pour prévenir ces situations plutôt que de les subir.

Le wali a insisté, lors de la séance de préparation, sur la nécessité de faire respecter strictement le principe de gratuité des plages, considéré comme un acquis fondamental. Toute tentative de privatisation déguisée ou de monétisation illégale des espaces publics devra être signalée et traitée sans délai. Cette ligne ferme s’accompagne d’une volonté d’installer une culture de service public directement sur le sable.

Les agents mobilisés ont bénéficié d’un programme de formation spécifique, combinant apprentissage théorique et immersion pratique. Les modules ont porté notamment sur la gestion des flux de population, les techniques d’accueil du public, la communication avec les estivants et la résolution des situations de tension en environnement très fréquenté.

Au-delà de la dimension opérationnelle, cette initiative s’inscrit dans un renforcement du dispositif de gestion de la saison estivale à Oran. Il ne s’agit plus uniquement d’assurer l’ouverture des plages, mais de consolider leur organisation en tant qu’espaces publics structurés, avec une présence renforcée, visible et mieux coordonnée sur le terrain. Une évolution qui, selon les responsables locaux, vise à améliorer la qualité de l’accueil, à renforcer la proximité avec les citoyens et à réaffirmer le caractère collectif du littoral.