Habib Benaouda

Les cercles du parti du Front de Libération Nationale (FLN) à Oran vivent au rythme d’une effervescence interne accélérée, en concomitance avec la campagne électorale en cours, dans un contexte où des indices évoquent l’émergence d’une lutte non déclarée entre deux courants au sein de la Mouhafada. L’un est mené par le directeur de la campagne électorale de la liste législative et membre du comité central, Dinar Mohamed Badreddine, et l’autre gravite autour du Mouhafid (responsable local) et parlementaire Boucheikhi Cheikh.

Des sources internes au parti évoquent une situation de froideur dans la communication et la coordination entre les deux parties, dont les contours sont apparus lors des activités de terrain de la campagne électorale, malgré le souci affiché de montrer l’unité du rang face aux militants et à l’opinion publique. Des observateurs estiment que ces divergences reflètent une lutte précoce concernant l’avenir de la direction de la Mouhafada après la fin de l’échéance législative.

Selon les informations circulant, Dinar, soutenu par certains membres du comité central, un ancien président de l’assemblée de wilaya et des cadres du parti, se prépare à mener la bataille pour succéder à Bouchikhi Cheikh à la tête de la Mouhafada, profitant de sa présence à la direction de la campagne électorale et de l’influence et des vastes contacts de terrain qu’elle lui procure. En revanche, d’autres sources confirment que le Mouhafid actuel, Bouchikhi Cheikh, bénéficie toujours d’un soutien considérable au sein des structures du parti, et que les discussions sur son départ sont prématurées, d’autant qu’il envisage, selon les mêmes sources, de procéder à un mouvement organisationnel au sein de la Mouhafada après le 2 juillet prochain, comprenant une redistribution des tâches et des responsabilités aux membres du bureau local, en adéquation avec la prochaine étape.

Il semble que les résultats des élections législatives seront le facteur décisif pour faire pencher la balance en faveur de l’un des deux camps, chaque partie cherchant à capitaliser sur le résultat électoral pour renforcer sa position au sein du parti et consolider son influence dans ses structures organisationnelles. Des observateurs de la vie politique estiment que l’état de compétition actuel, s’il dépasse les limites organisationnelles, pourrait avoir un impact négatif sur les performances du parti au cours de la prochaine période. En effet, la poursuite des tensions internes pourrait affaiblir la cohésion des bases militantes et disperser les efforts des militants, les éloignant de l’objectif principal consistant à obtenir de solides résultats électoraux. De plus, toute division au sein des structures du parti pourrait affecter son image auprès des électeurs et limiter sa capacité à aborder les prochaines échéances avec le même dynamisme et la même efficacité.

Entre les calculs de certains membres du comité central et les paris du groupe du secrétaire de la Mouhafada, la question reste posée : ces tensions resteront-elles dans le cadre d’une compétition organisationnelle légitime, ou se transformeront-elles en une confrontation ouverte pour la direction du FLN à Oran dans les mois à venir, surtout après que les résultats du scrutin législatif actuel seront connus et qu’ils redistribueront les cartes des forces au sein du parti dans la capitale de l’Ouest algérien ?