H. Nassira
Les élections législatives du 2 juillet ont redessiné les équilibres politiques dans la wilaya d’Oran. Les résultats préliminaires du scrutin consacrent une représentation parlementaire plus diversifiée que lors de la précédente législature, avec neuf formations politiques appelées à se partager les seize sièges attribués à la wilaya à l’Assemblée populaire nationale (APN). Au-delà des chiffres, le vote marque une redistribution des rapports de force et confirme l’émergence de nouvelles dynamiques sur la scène politique locale.
Le Mouvement de la société pour la paix (MSP) s’impose en tête de cette consultation en remportant trois sièges grâce à un total de 18 053 voix. Cette première place confirme l’ancrage du parti dans la capitale de l’Ouest et lui permet de conserver son poids parlementaire, tout en s’affirmant désormais comme la première force politique de la wilaya.
Le Front de libération nationale (FLN), longtemps dominant à Oran, arrive en deuxième position avec 15 970 suffrages et deux sièges. Si le parti préserve sa représentation à l’Assemblée, il enregistre un recul par rapport à la précédente législature, confirmant une érosion de son influence électorale dans une wilaya traditionnellement considérée comme l’un de ses principaux bastions.
L’une des principales surprises du scrutin provient du Parti Sawt Chaâb (Voix du Peuple). Avec 13 348 voix, cette jeune formation décroche deux sièges dès sa deuxième participation électorale, confirmant une progression rapide et une implantation de plus en plus visible sur le terrain. Le Front El Moustakbal et le Rassemblement national démocratique (RND) obtiennent également deux sièges chacun, tandis que le Mouvement El Bina complète ce groupe des formations disposant de deux représentants au Parlement.
Le scrutin a également réservé d’autres enseignements. Le Rassemblement Espoir de l’Algérie (TAJ) fait son entrée à l’Assemblée populaire nationale dans la circonscription d’Oran en remportant un siège grâce à 9 009 voix. Celui-ci revient à Houari Yahia, cadre d’Algérie Poste exerçant au bureau de Sidi El Bachir, dans la commune de Bir El Djir. Le Parti des travailleurs (PT) obtient également un siège avec 6 123 suffrages, permettant à Mohamed Amine Ben Dounia, président de la commission du logement à l’Assemblée populaire de wilaya, d’accéder à l’hémicycle. Le dernier siège est revenu au Mouvement Ennahda, crédité de 5 414 voix, avec l’élection d’Abdelhafid Zahaf Kerdada, ancien candidat du FLN ayant rejoint les rangs d’Ennahda à l’occasion de ce scrutin.
Au-delà de la répartition des sièges, ces résultats traduisent une évolution sensible des comportements électoraux. La progression de partis émergents, conjuguée au recul de certaines formations traditionnellement bien implantées, témoigne d’une concurrence politique plus ouverte et d’une redistribution des équilibres au sein de l’électorat oranais. Cette nouvelle configuration reflète également une diversification de l’offre politique, dans laquelle les électeurs ont accordé leur confiance à des profils et à des formations aux trajectoires différentes.
Les réactions enregistrées au lendemain du scrutin convergent néanmoins sur un point. Les partis ayant obtenu des sièges ont salué le déroulement des opérations de vote, estimant que le scrutin s’est tenu dans des conditions satisfaisantes, marquées par la transparence, la sérénité et le respect de la volonté populaire. Plusieurs formations ont déjà adressé leurs félicitations aux députés élus, tout en les appelant à porter les préoccupations des citoyens et à défendre les intérêts de la wilaya sous la Coupole.
Au sein des états-majors politiques, l’heure est désormais aux premiers bilans. Les formations ayant consolidé leur position entendent capitaliser sur cette dynamique en vue des prochaines échéances, tandis que celles qui espéraient de meilleurs résultats devraient engager une réflexion sur leur stratégie et leur organisation. Les élections locales, déjà dans toutes les têtes, constitueront le prochain test de cette recomposition politique.
Avec neuf partis représentés et une hiérarchie largement renouvelée, les législatives de 2026 ouvrent ainsi une nouvelle séquence politique à Oran. Plus qu’une simple redistribution des sièges, elles consacrent un paysage partisan plus pluraliste, où l’équilibre des forces apparaît désormais plus ouvert que jamais et où chaque formation est appelée à conforter, ou à reconquérir, sa place auprès de l’électorat.

