Habib Benaouda
La gestion des déchets ménagers s’impose de nouveau comme l’un des principaux défis auxquels est confrontée la ville d’Oran. Depuis plusieurs semaines, les difficultés observées dans l’enlèvement des ordures se sont accentuées sous l’effet conjugué de la hausse des températures et de l’affluence estivale, plaçant la question de la salubrité publique au cœur des préoccupations des habitants.
Sur le terrain, les équipes de l’EPIC Oran Propreté poursuivent leurs interventions afin d’assurer la continuité du service de collecte et de transport des déchets. Forte de plus d’un millier d’agents, l’entreprise déploie quotidiennement des moyens humains considérables. Ses efforts demeurent toutefois freinés par des contraintes techniques et matérielles qui se sont accumulées au fil des années, notamment un parc de véhicules fortement vieillissant et des pannes récurrentes qui réduisent sensiblement les capacités d’intervention.
Des sources bien informées indiquent que la direction actuelle, conduite par le directeur chargé de la gestion, Aïd Salah, en poste depuis le 10 mai 2026, a hérité d’une situation particulièrement complexe. Entre insuffisances matérielles, organisation à repenser et équipements nécessitant une remise à niveau, le chantier de redressement apparaît d’une ampleur qui ne saurait être résorbée en quelques semaines.
Les mêmes sources rappellent que, sous la précédente équipe dirigeante, la wilaya d’Oran avait mobilisé une enveloppe avoisinant les sept milliards de centimes destinée à la réhabilitation d’une partie importante du parc roulant. Malgré cet investissement, de nombreux camions restent toujours immobilisés, compromettant le bon déroulement des opérations de collecte dans plusieurs délégations ainsi que dans les communes liées à l’établissement par des contrats-programmes.
Une responsabilité qui incombe à tous
Pour plusieurs spécialistes des questions environnementales, limiter l’analyse aux seules difficultés de l’établissement public reviendrait toutefois à occulter une partie essentielle de la problématique. La propreté de la ville dépend également du civisme des citoyens, du respect des horaires de dépôt des déchets et de l’utilisation des espaces aménagés à cet effet. Ils soulignent également l’importance du rôle que peuvent jouer les associations dans la diffusion d’une véritable culture environnementale.
Des acteurs du mouvement associatif relèvent d’ailleurs que de nombreux points noirs trouvent leur origine dans les dépôts anarchiques d’ordures, souvent effectués en dehors des créneaux fixés. Cette pratique favorise l’accumulation des déchets pendant plusieurs heures avant le passage des camions, un phénomène particulièrement marqué dans les quartiers à forte densité de population.
Pour les observateurs, la réponse à cette situation passe autant par le renouvellement et la modernisation des moyens de collecte que par l’élaboration d’un schéma directeur plus performant de gestion des déchets. La remise en service des véhicules immobilisés devra s’accompagner de vastes campagnes de sensibilisation associant les collectivités locales, le mouvement associatif et les médias afin d’ancrer durablement les bons réflexes en matière de protection de l’environnement.
Au-delà des moyens matériels, un constat s’impose : la réussite de la bataille de la propreté est indissociable d’une responsabilité partagée. Si Oran Propreté demeure le principal acteur opérationnel de cette mission de service public, l’engagement des citoyens constitue tout autant un facteur déterminant. Car une ville propre ne se construit pas uniquement avec des camions et des agents d’entretien, mais aussi grâce à une conscience collective et à l’adoption quotidienne de comportements citoyens.

