Habib Benaouda
Une affaire de présumée falsification de documents officiels secoue les services de l’état civil de la commune d’Oran. Deux agents exerçant au niveau de cette structure, identifiés par les initiales « B.N. » et « B.T. », sont au cœur d’une enquête administrative puis judiciaire portant sur des soupçons de confection et d’utilisation de documents falsifiés, avec en toile de fond l’obtention de deux visas pour l’Espagne sur la base de pièces dont l’authenticité est aujourd’hui remise en cause.
L’affaire aurait été révélée à la suite d’un contrôle approfondi engagé par le directeur de l’état civil de la nouvelle ville d’Oran, après la détection d’anomalies dans certains dossiers administratifs, dans un contexte marqué par une visite d’inspection effectuée par une commission ministérielle au niveau de la direction concernée.
Selon des sources concordantes, le suivi minutieux des procédures et la vérification des données contenues dans plusieurs dossiers ont permis de faire émerger les premiers éléments d’une affaire qui allait rapidement prendre une autre dimension. Les investigations administratives auraient notamment mis en évidence l’existence de documents officiels soupçonnés d’avoir été falsifiés, parmi lesquels des certificats de famille et des actes de mariage.
Ces documents auraient été intégrés dans des dossiers administratifs ayant servi à l’obtention de deux visas pour l’Espagne, alors que les deux agents concernés seraient, selon les conclusions préliminaires de l’enquête administrative, célibataires. Les irrégularités constatées ont conduit les responsables de la commune à transmettre le dossier aux autorités judiciaires compétentes.
Des poursuites engagées pour faux et usage de faux
À la suite des premiers résultats de l’enquête interne, les deux employés ont fait l’objet d’une suspension conservatoire décidée par le président de l’Assemblée populaire communale d’Oran. La justice a été saisie pour examiner les faits susceptibles de relever de la falsification de documents officiels et de l’usage de faux.
L’enquête judiciaire, désormais en cours, devra déterminer avec précision les responsabilités individuelles des deux mis en cause, mais également établir si d’autres personnes pourraient être impliquées dans cette affaire dont les ramifications restent encore à déterminer.
Le volet numérique confié aux spécialistes de la cybercriminalité
L’affaire ne se limite toutefois pas aux seuls documents administratifs. Selon des sources proches du dossier, les investigations ont également porté sur une activité numérique présumée liée aux deux agents concernés.
Les enquêteurs auraient identifié une page sur le réseau social Facebook administrée par ces derniers, qui aurait servi, selon les éléments recueillis, à diffuser des contenus jugés offensants et à publier des accusations visant certains cadres de la Direction de l’état civil. Ce volet a été confié aux services spécialisés dans la lutte contre la cybercriminalité relevant de la Sûreté de wilaya d’Oran, chargés d’effectuer les investigations techniques nécessaires afin d’établir les responsabilités et de clarifier les circonstances entourant ces publications.
Les visas annulés par le consulat d’Espagne
Autre évolution majeure dans ce dossier : le consulat d’Espagne à Oran aurait procédé à l’annulation des deux visas accordés aux agents concernés, après avoir constaté que les documents fournis dans leurs dossiers de demande ne correspondaient pas aux exigences d’authenticité requises.
Cette décision confère une dimension supplémentaire à l’affaire, qui dépasse désormais le cadre interne de l’administration communale pour toucher également à l’utilisation présumée de documents irréguliers auprès d’une représentation diplomatique étrangère.
Dans l’attente de la finalisation des procédures en cours, les deux agents devraient être présentés prochainement devant le procureur de la République près le tribunal d’Oran. Les autorités judiciaires demeurent seules habilitées à établir les responsabilités définitives et à déterminer l’ensemble des suites à donner à cette affaire.
Considérée par plusieurs observateurs comme l’un des dossiers les plus sensibles enregistrés récemment dans le secteur de l’état civil à Oran, cette affaire met en lumière la nécessité d’un contrôle accru des procédures liées aux documents administratifs officiels. Les investigations se poursuivent afin d’identifier toutes les ramifications possibles de ce dossier et de faire toute la lumière sur les éventuelles responsabilités engagées.




