Transport urbain à Oran – Le compte à rebours lancé pour les bus de plus de 30 ans 

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Habib Benaouda 

À Oran, les autobus de plus de 30 ans sont désormais dans le viseur de la direction des Transports. L’administration a entamé la réception des dossiers des transporteurs concernés par l’opération de retrait des véhicules ayant atteint ou dépassé cette limite d’âge, ouvrant ainsi une nouvelle étape dans le processus de renouvellement du parc de transport public de la wilaya.

La première phase de cette opération cible les autobus mis en circulation en 1996 et avant. Elle sera ensuite étendue aux autres véhicules ayant atteint l’âge réglementaire fixé pour leur retrait. Au-delà de la mise à l’écart des véhicules les plus vétustes, l’enjeu est de réorganiser progressivement un parc qui continue, sur plusieurs lignes, à s’appuyer sur des autobus ayant largement dépassé leur durée d’exploitation et dont l’état ne répond plus aux exigences de sécurité, de confort et de qualité de service attendues par les usagers.

La procédure est désormais clairement engagée. Les transporteurs souhaitant procéder au remplacement de leur autobus doivent constituer un dossier comprenant une demande de remplacement, le document portant décision d’exploitation des services, la fiche horaire ou l’itinéraire de la ligne, ainsi que la carte d’immatriculation du véhicule concerné. Après étude du dossier, les services compétents délivrent une attestation autorisant le dépôt de l’ancien autobus auprès de l’une des unités de l’Entreprise nationale de récupération. Une nouvelle pièce est ensuite délivrée au transporteur afin de lui permettre de poursuivre les démarches nécessaires à l’acquisition d’un véhicule neuf.

L’opération intervient alors que le parc de transport public de la wilaya compte quelque 4 185 autobus, tous modes et lignes confondus. La direction des Transports avait fixé, dans un premier temps, un objectif de retrait de 65 véhicules âgés de plus de 30 ans, avec un délai de réalisation ne dépassant pas six mois.

Le renouvellement du parc ne saurait toutefois se résumer à une opération de retrait. Pour les autorités, l’équation est également de préserver la continuité du service, particulièrement sur les lignes à forte fréquentation où la moindre réduction du nombre de véhicules peut rapidement se traduire par une aggravation de l’attente et de la surcharge. C’est pourquoi l’opération est accompagnée de mesures destinées à faciliter l’acquisition de nouveaux autobus par les transporteurs.

Parmi les mécanismes annoncés figurent une contribution de l’État équivalant à 20 % de la valeur du véhicule, tandis que la participation de l’acquéreur est fixée à 10 %. Le dispositif prévoit également des exonérations fiscales et douanières ainsi que la possibilité de régler le montant restant par versements échelonnés.

Au-delà des chiffres et des procédures administratives, c’est donc une transformation progressive du visage du transport collectif qui se profile. Pendant des années, les autobus vieillissants ont constitué l’une des images les plus persistantes des difficultés du transport urbain à Oran. Leur retrait marque désormais une volonté de tourner la page d’un modèle reposant encore, sur certaines lignes, sur des véhicules ayant largement atteint leurs limites.

Avec l’ouverture de la réception des dossiers, le processus est officiellement enclenché. L’année 2026 pourrait ainsi constituer un tournant pour le parc de transport public oranais, avec l’ambition de substituer progressivement aux autobus vieillissants une flotte plus moderne, plus sûre et davantage en mesure de répondre aux exigences de mobilité d’une métropole en constante évolution.