H. Nassira
La mouhafadha du Front de libération nationale (FLN) à Oran entend tourner définitivement la page des structures parallèles et remettre de l’ordre dans ses rangs avant l’ouverture de la bataille électorale. La direction locale du parti, conduite par le mouhafedh Cheikh Bouchikhi, doit tenir la semaine prochaine une réunion consacrée à la préparation des prochaines échéances locales. Une rencontre qui sera déclinée en trois réunions régionales — Centre, Est et Ouest — avec la participation des kasmas dont les structures ont été officiellement installées.
L’opération de remise des procès-verbaux d’installation des bureaux des kasmas doit s’achever cette semaine. Elle concernait, jeudi, quelque 30 kasmas. La mouhafadha a parallèlement mis en place un dispositif documentaire destiné à formaliser et à consacrer la légitimité des nouvelles structures, avec un objectif clairement affiché : empêcher toute remise en cause de l’organisation officielle du parti à l’approche des élections.
Au-delà de son caractère administratif, cette opération revêt une portée politique évidente. À quelques mois des prochaines échéances électorales, le FLN d’Oran cherche à éviter le retour des querelles internes et des structures concurrentes qui avaient marqué certaines périodes antérieures, notamment autour de 2010. À cette époque, les dissensions avaient favorisé l’apparition de kasmas parallèles et non reconnues, allant jusqu’à alimenter des tentatives de constitution d’une mouhafadha concurrente.
Le précédent reste manifestement présent dans les esprits. En officialisant les structures locales et en clarifiant les responsabilités, la direction actuelle veut éviter que la préparation des listes électorales ne devienne le point de départ d’un nouveau cycle de divisions. L’enjeu est particulièrement sensible pour les prochaines élections des Assemblées populaires communales (APC), où la confection des listes de candidatures constitue traditionnellement l’une des phases les plus disputées au sein des formations politiques.
Ligne rouge sur les listes « parallèles »
La mouhafadha entend ainsi couper court, en amont, à toute tentative de constitution de listes électorales dites « parallèles », qui seraient élaborées en dehors du processus officiel et avant l’examen des dossiers des prétendants par la commission appelée à superviser la préparation des candidatures.
Cette volonté de verrouiller le processus intervient alors que l’opération de restructuration aurait suscité, selon des sources internes, de vives oppositions. Des campagnes hostiles à la remise des procès-verbaux d’installation des bureaux des kasmas auraient tenté d’entraver le processus. La mouhafadha affirme néanmoins avoir réalisé près de 80 % de l’opération, affichant ainsi sa volonté d’aller jusqu’au bout de la réorganisation engagée.
Le calendrier est désormais clairement établi : achever la régularisation des structures durant le mois d’août, puis réunir les militants dans le cadre d’une rencontre d’orientation qui sera organisée autour de trois pôles régionaux. Une séquence destinée à préparer le parti à entrer dans la compétition électorale avec une organisation clarifiée et, surtout, avec une chaîne de décision officiellement établie.
« Pas de parti dans les cafés ni dans la rue »
Du côté de la mouhafadha, on assure que la situation est désormais stabilisée. Le travail d’organisation se poursuit au siège de la structure et au niveau des kasmas officiellement installées, avec le souci affiché de mettre fin aux pratiques informelles qui ont longtemps alimenté les contestations internes.
« La mouhafadha reste ouverte à l’ensemble des militants », affirme une source du bureau local, qui insiste sur la nécessité de faire vivre le débat dans les structures reconnues du parti plutôt que dans les cafés ou dans la rue.
La direction locale ne minimise toutefois pas les remous qui accompagnent traditionnellement les périodes de restructuration. Colère de militants, protestations et contestations autour des responsabilités ou des futures candidatures font partie, selon cette même source, des tensions auxquelles le FLN est régulièrement confronté à l’approche des échéances électorales, lors des opérations de renouvellement des structures ou encore à l’occasion des congrès.
À Oran, la bataille électorale commence donc par une autre bataille, plus discrète mais tout aussi décisive : celle de la maîtrise des structures et du contrôle du processus de désignation des futurs candidats. En cherchant à solder la question des kasmas parallèles avant même l’ouverture officielle de la compétition électorale, le FLN local veut éviter que les urnes ne soient précédées par une nouvelle guerre des structures.




