Misserghine  – Le marché Batimetal, une opportunité économique laissée en friche

10

Habib Benaouda 

À l’heure où Misserghine connaît une importante dynamique urbaine et démographique, la situation du marché de proximité Batimetal interpelle. Implanté dans une commune en pleine expansion, cet équipement commercial demeure largement en deçà des capacités qu’il pourrait offrir, alors même que les besoins de la population en commerces et services de proximité ne cessent de croître. Au-delà de la seule question de l’occupation des locaux, c’est la valorisation d’un patrimoine relevant de la collectivité qui se trouve posée.

Conçu pour structurer l’activité commerciale de proximité et répondre aux besoins des habitants, le marché Batimetal ne semble pas avoir atteint le niveau d’exploitation attendu. Plusieurs locaux seraient toujours inoccupés, tandis que l’activité qui y est exercée reste limitée. Une situation qui contraste singulièrement avec l’évolution du tissu urbain local, notamment autour du pôle urbain Ahmed Zabana, où l’arrivée de nouveaux habitants s’accompagne d’une demande croissante en commerces et en services.

Un équipement qui peine à trouver sa vocation

La sous-exploitation de ce marché soulève nécessairement des interrogations sur les conditions dans lesquelles les locaux ont été attribués et sont actuellement exploités. Au-delà des considérations liées à l’activité commerciale, la question renvoie également aux modalités de gestion et de suivi du patrimoine appartenant à la collectivité.

Des informations circulant localement font notamment état de situations d’occupation qui mériteraient d’être clarifiées, avec notamment des allégations concernant la détention ou l’exploitation de plusieurs locaux par une même personne. Il convient toutefois de souligner que la régularité de ces situations ne peut être appréciée qu’à la lumière des documents officiels : contrats, décisions d’attribution, délibérations et autres actes administratifs ayant encadré l’occupation des lieux.

Dans ce contexte, un état des lieux précis apparaît indispensable. Combien de locaux sont effectivement occupés ? Combien demeurent vacants ? Quels sont les montants des loyers fixés et les sommes effectivement recouvrées ? Les redevances sont-elles régulièrement acquittées ? Quelles procédures de suivi et de contrôle ont été mises en place par la commune ? Autant de questions auxquelles une situation administrative et financière clairement établie permettrait de répondre.

Le paradoxe d’une commune en pleine expansion

La question prend une résonance particulière dans une commune qui connaît une transformation profonde de son paysage urbain. L’extension de Misserghine, conjuguée au développement du pôle urbain Ahmed Zabana, entraîne mécaniquement une augmentation des besoins en matière de commerces, de services et d’équipements de proximité.

Dans ce contexte, voir un équipement commercial existant fonctionner en deçà de ses capacités apparaît pour le moins paradoxal. Alors que la mobilisation du foncier économique et l’accompagnement de l’investissement figurent parmi les enjeux du développement local, l’enjeu consiste aussi à optimiser les infrastructures et les biens déjà disponibles.

Le marché Batimetal pourrait ainsi constituer un levier supplémentaire pour dynamiser l’activité commerciale locale, à condition de lui redonner une véritable vocation économique et de garantir une gestion rigoureuse de ses espaces.

Repenser l’usage du site

Si les études venaient à démontrer que la configuration ou la vocation actuelle du marché ne répond plus suffisamment aux besoins de la population, d’autres scénarios pourraient être envisagés, dans le respect du cadre légal et après accomplissement des procédures requises.

Une reconversion partielle ou globale pourrait notamment être étudiée vers un espace multifonctionnel intégrant plusieurs activités, ou encore vers un équipement à vocation sportive, culturelle ou commerciale. L’objectif ne serait pas de changer de vocation pour changer de vocation, mais de rechercher l’utilisation la plus pertinente d’un bien public en fonction des besoins réels du territoire.

Une telle démarche supposerait naturellement une évaluation préalable des besoins, des contraintes techniques et réglementaires ainsi que des conditions financières de toute éventuelle opération de réaménagement.

De la charge immobilière à la ressource locale

Le dossier Batimetal dépasse donc largement la question de quelques locaux commerciaux sous-occupés. Il pose, plus fondamentalement, celle de la manière dont les collectivités gèrent, entretiennent et valorisent leur patrimoine.

Dans une commune appelée à poursuivre son développement, chaque équipement existant représente un potentiel à ne pas négliger. Un marché correctement exploité peut contribuer à l’animation commerciale d’un quartier, offrir des services de proximité aux habitants et générer, parallèlement, des recettes pour la collectivité.

La clarification de la situation juridique et administrative du marché, la transparence dans l’attribution et l’exploitation des locaux ainsi qu’un suivi régulier des recettes constitueraient, à ce titre, des étapes essentielles pour remettre cet équipement sur les rails.

À Misserghine, où la pression démographique et les besoins économiques vont crescendo, le véritable enjeu est désormais de savoir si le marché Batimetal restera un équipement partiellement exploité ou s’il pourra enfin retrouver une fonction pleinement productive. La réponse relève autant de la gestion du patrimoine public que de la capacité des responsables locaux à transformer un bien existant en véritable outil de développement au service de la population.