Puits illicites, surexploitation des nappes et recours aux drones au cœur des préoccupations
Habib Benaouda
La préservation des ressources hydriques s’impose comme une préoccupation croissante dans les zones agricoles où la pression sur les eaux souterraines ne cesse de s’accentuer. Des agriculteurs appellent ainsi à intensifier les contrôles sur le terrain et à recourir davantage aux technologies modernes, notamment aux drones, pour repérer les puits et ouvrages hydrauliques réalisés sans autorisation.
Les exploitants alertent sur plusieurs pratiques susceptibles de fragiliser l’équilibre des nappes, notamment le creusement de puits et de forages en dehors du cadre réglementaire, mais aussi le dépassement des volumes d’eau autorisés dans certains cas. Une exploitation excessive qui, à terme, pourrait entraîner une baisse du niveau des nappes, affecter les puits légalement exploités et favoriser la salinisation de l’eau ainsi que la dégradation des sols dans les secteurs soumis à une forte pression hydrique.
Face à cette situation, les agriculteurs plaident pour un renforcement des inspections et un suivi plus rigoureux des ouvrages autorisés. Ils estiment que l’octroi des autorisations de forage doit impérativement s’appuyer sur des études techniques et hydrogéologiques précises, complétées par des visites de terrain permettant d’évaluer l’état des nappes et l’impact des nouveaux prélèvements sur les exploitations voisines.
Le contrôle, soulignent-ils, ne devrait toutefois pas s’arrêter au stade du forage. Un suivi de l’exploitation après délivrance de l’autorisation est également nécessaire, notamment à travers la généralisation des compteurs d’eau sur les puits autorisés. L’objectif est de vérifier les volumes prélevés et de garantir le respect des quotas, particulièrement durant les périodes de faible pluviométrie.
Parallèlement, les agriculteurs appellent à accélérer la transition vers des techniques d’irrigation plus économes, notamment le goutte-à-goutte et les systèmes par pivot, afin de réduire les pertes et de rationaliser la consommation.
Ils proposent enfin d’intégrer les drones et les outils numériques aux opérations de surveillance. Le suivi des superficies irriguées, la détection des extensions non déclarées et le repérage des ouvrages suspects permettraient de compléter les inspections classiques et de mieux préserver une ressource devenue stratégique, à la fois pour l’activité agricole et la sécurité alimentaire.




