Le sursaut souverain de l’Algérie

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Wassila. B

La décision de l’Algérie de rompre ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis n’est pas une simple péripétie de politique étrangère. Elle constitue, comme l’ont souligné les experts en relations internationales, un acte relevant pleinement de la sécurité nationale et de la défense des intérêts stratégiques de l’État. Dans un environnement marqué par des rivalités d’influence et des conflits hybrides, Alger réaffirme ainsi sa position de puissance d’équilibre, préserve son autonomie stratégique et protège sa profondeur géopolitique contre toute dynamique susceptible de compromettre la stabilité régionale. Le politologue Ahmed Mizab le dit sans détour : il ne s’agit « ni d’un différend circonstanciel ni d’une réaction politique ponctuelle », mais d’une « réévaluation stratégique globale des menaces » pesant sur l’Algérie et son environnement immédiat.

Cette décision touche à la doctrine même de sécurité nationale de l’Algérie, qui adopte désormais une approche globale intégrant les dimensions diplomatiques, informationnelles, économiques et géopolitiques dans une même matrice d’analyse stratégique. En coupant les ponts avec Abou Dhabi, Alger adresse un message de dissuasion à tous les acteurs régionaux : elle est prête à mobiliser l’ensemble des instruments de sa puissance pour protéger ses intérêts fondamentaux lorsqu’ils sont menacés. C’est également un signal fort à la communauté internationale, celui d’un État qui refuse toute tentative d’altération des équilibres structurant son environnement stratégique et qui considère la stabilité de l’Afrique du Nord et du Sahel comme une composante indissociable de sa propre sécurité.

Les raisons de cette rupture sont documentées et accablantes. L’expert Arslan Chikhaoui pointe « le jeu trouble des Émirats » et leur « diplomatie toxique parallèle », leurs ingérences dans les affaires internes de la région, leur soutien actif à des organisations malveillantes et leur financement de campagnes de désinformation visant à ternir l’image de l’Algérie. Abou Dhabi, bien que de taille minuscule, utilise sa puissance financière pour jouer de son influence au-delà de ses frontières, s’impliquant dans les conflits au Soudan, en Libye, au Mali et en Somalie. Le professeur Idris Attia rappelle que ce régime « ne connaît pas ses limites » et œuvrait directement contre les intérêts stratégiques algériens au Sahel et au Maghreb. Faisant preuve de sagesse, l’Algérie lui a accordé le temps nécessaire pour revoir sa stratégie, mais en vain : toutes les voies diplomatiques ont été épuisées.

La presse nationale, unanime, salue un acte souverain et courageux. El-Moudjahid souligne une décision intervenue « après des mois de retenue et de nombreuses mises en garde », Le Soir d’Algérie titre « L’État toxique remis à sa place », tandis qu’Echaab proclame que « la patience est épuisée, la leçon est finie et le complot est démasqué ». La classe politique nationale soutient unanimement cette rupture, qualifiée de ferme et de nature à mettre fin au plan hostile contre l’Algérie. En passant de la gestion du conflit par les voies diplomatiques à la redéfinition de la relation sous le prisme de la préservation de la souveraineté nationale, l’Algérie ne fait que répliquer aux agressions émiraties et défendre, avec détermination, les intérêts suprêmes de son peuple.