Habib Benaouda
La direction locale du Front de libération nationale (FLN) hausse le ton contre les candidats qui, après avoir signé des engagements envers le parti, ont choisi de rallier d’autres formations politiques faute d’avoir été retenus sur les listes définitives des élections locales de 2026. Dans un communiqué adressé aux militants de la wilaya d’Oran, la mouhafadha prévient que ces changements d’allégeance feront l’objet d’un examen au cas par cas et pourraient donner lieu à des mesures disciplinaires, conformément aux statuts et au règlement intérieur du parti.
Le message se veut sans équivoque.
Pour la direction locale du FLN, l’appartenance au parti ne saurait être réduite à une simple adhésion formelle ni servir de moyen pour satisfaire des ambitions électorales personnelles. Elle implique, insiste-t-elle, le respect des décisions des instances dirigeantes, des règles internes et des engagements souscrits, y compris lorsque les choix opérés lors de la confection des listes ne répondent pas aux attentes des prétendants.
La mise au point vise particulièrement les candidats qui avaient déposé leurs dossiers au nom du FLN, affiché leur adhésion à sa ligne politique et signé des engagements portant notamment sur le respect des décisions du parti et la contribution au succès de ses listes, avant de se tourner vers d’autres formations politiques après avoir été écartés des listes définitives.
Des engagements que le parti entend faire respecter
Dans son communiqué, la mouhafadha rappelle que les documents signés par les intéressés comportaient également un engagement à ne pas se retirer des listes, conformément aux dispositions convenues. Pour la direction locale, le fait de ne pas avoir été retenu parmi les candidats investis ne saurait justifier le non-respect de ces engagements ni autoriser un ralliement à des listes concurrentes.
À travers cette fermeté affichée, le FLN entend réaffirmer le principe de la discipline partisane, alors que les arbitrages liés aux candidatures constituent souvent une source de tensions au sein des formations politiques. Le communiqué souligne que l’engagement militant ne peut être subordonné à l’obtention d’une place sur une liste électorale ou à la perspective de décrocher un siège. Il suppose, au contraire, l’acceptation des décisions collectives, même lorsqu’elles contrarient des ambitions individuelles.
La direction locale estime que ces départs, intervenant après la non-sélection de certains candidats, portent atteinte à la cohésion de l’organisation et à l’image du parti. Elle entend ainsi mettre un terme à des comportements qu’elle assimile à une remise en cause des obligations souscrites au moment du dépôt des candidatures.
Des dossiers à l’étude
La mouhafadha annonce qu’elle procédera à l’examen de chaque dossier afin de déterminer la nature des engagements signés et de vérifier dans quelle mesure ils ont été respectés. À l’issue de cette démarche, les mesures prévues par les textes internes pourront être engagées. La transmission de certains dossiers aux instances partisanes et aux autorités compétentes est également envisagée, lorsque les circonstances le justifient.
La direction locale précise toutefois que les suites à donner dépendront des faits et des documents versés à chaque dossier. Aucune décision définitive ne saurait donc être considérée comme acquise avant l’achèvement de cet examen.
Cette sortie intervient dans une phase sensible pour les formations politiques, engagées dans la finalisation de leurs listes en prévision des élections locales de 2026. Entre arbitrages internes, ambitions contrariées et concurrence pour attirer les candidats, la maîtrise des équilibres au sein des structures partisanes constitue un enjeu majeur à l’approche du scrutin.
En réaffirmant qu’elle n’entend faire preuve ni de complaisance ni de favoritisme, la mouhafadha d’Oran adresse un avertissement à l’ensemble de ses militants. Elle rappelle que la crédibilité du FLN repose autant sur sa capacité à mobiliser des candidats que sur la discipline de ses membres et le respect des décisions de ses instances. Pour la direction locale, l’autorité du parti passe d’abord par celle de ses règles.




