Le gouvernement algérien a profondément regretté, samedi, le non-renouvellement du mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO), réitérant son attachement à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable à même de garantir le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, indique un communiqué du ministère des Affaires étrangères.
« L’excessive partialité du projet de résolution soumis au Conseil de sécurité a rendu cette question inéluctable. En effet, le projet penchait avec une telle outrance en faveur d’une partie, le Royaume du Maroc, au détriment de l’autre, le Front Polisario, qu’il ne pouvait prétendre sérieusement servir de base à une solution juste et durable du conflit du Sahara occidental », précise le communiqué.
« Avant même la soumission du projet de résolution aux voix, le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines avait précisé des lettres officielles aux membres du Conseil de Sécurité afin d’attirer leur attention sur les conséquences particulièrement graves de l’évolution que connaissait le traitement du conflit du Sahara occidental », ajoute la même source.
« Il les avait notamment mis en garde contre les risques liés à l’adoption d’une résolution dont l’orientation tend à consacrer un fait accompli territorial et à légitimer une situation d’occupation, au détriment du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination », souligne le communiqué.
« En dépit des amendements introduits, la version finale du texte vidait le droit à l’autodétermination de sa substance, en retenant le plan d’autonomie proposé par le Maroc, sous sa souveraineté revendiquée sur le Sahara Occidental, comme unique base de négociation ». Une telle approche « restreignait considérablement les options ouvertes aux deux parties et préjugeait de l’issue du processus politique, alors même que le règlement du conflit devrait permettre au peuple Sahraoui d’exercer librement son droit à l’autodétermination », relève la même source.
Par ailleurs, « la suppression de la lettre +R+, correspondant au terme +référendum+, dans l’acronyme de la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara Occidental (MINURSO), constituait un signal politique préoccupant. « De même, et contrairement à l’approche retenue dans la résolution 2797, ledit projet privé le Front Polisario, reconnu comme représentant exclusif et légitime du peuple Sahraoui, de la possibilité de soumettre aux négociations ses propres idées quant à une solution juste et durable du conflit au Sahara occidental », indique en outre le communiqué.
Enfin, « le projet en question préparait le terrain à une transformation progressive du conflit du Sahara occidental, d’une question de décolonisation en une problématique essentiellement humanitaire, à laquelle il convientit de trouver des solutions durables. Or, en matière de décolonisation, une solution durable demeure indissociable de l’exercice, par le peuple concerné, de son droit inaliénable et imprescriptible à l’autodétermination », souligne-t-il.
« Le Gouvernement algérien réitère son attachement à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable, qui garantit au sahraoui l’exercice de son droit à l’autodétermination, conformément aux principes et objectifs de la Charte des Nations Unies et aux résolutions pertinentes de l’Organisation des Nations Unies », conclut le communiqué.
Le non renouvellement du mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) « n’annule pas » le droit « inaliénable » du peuple sahraoui à l’autodétermination, a affirmé le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.
« La MINURSO a été créée pour protéger et servir le peuple du Sahara occidental, et en particulier pour lui permettre d’exercer son droit inaliénable à l’autodétermination », a rappelé dans un communiqué, dimanche, son porte-parole, Stéphane Dujarric.
Il a fait remarquer, à ce titre, que le secrétaire général souligne que l’échec du Conseil de sécurité à adopter une résolution concernant l’avenir de la MINURSO « n’annule pas ces droits inaliénables » et appelle toutes les parties à « respecter et promouvoir les droits du peuple du Sahara occidental ».
Selon le communiqué, Antonio Guterres a également réaffirmé l’engagement de l’ONU à soutenir les deux parties au conflit pour « parvenir à une solution politique juste, durable et acceptable qui garantit le droit du peuple du Sahara occidental à l’autodétermination ».




