Habib Benaouda
Les cafés et les établissements de vente de boissons non alcoolisées, classés parmi les établissements recevant du public (ERP) de première catégorie, feront prochainement l’objet de contrôles sur le terrain menés par les commissions communales compétentes.
Ces opérations visent à vérifier la conformité de leur activité aux dispositions légales et aux exigences sanitaires et organisationnelles, mais également à mettre un terme aux dépassements constatés, notamment l’occupation sans autorisation des trottoirs et l’aménagement de caves ou de locaux de stockage en espaces d’accueil de la clientèle, souvent dépourvus des conditions élémentaires de sécurité.
Selon des sources informées, les inspections porteront notamment sur la détention du registre du commerce et de l’autorisation d’exploitation correspondant à la première catégorie, ainsi que sur les permis d’occupation des trottoirs et d’installation de tables et de chaises. Les contrôleurs vérifieront également les certificats médicaux des employés, la disponibilité des équipements de lutte contre les incendies et des trousses de premiers secours. La qualité de l’eau utilisée dans le cadre de l’activité sera, elle aussi, soumise à un contrôle du taux de chlore, dans le souci de garantir le respect des règles d’hygiène et de santé publique.
Inscrites dans le cadre des missions périodiques de la commission communale chargée de l’hygiène et de la salubrité publiques, ces interventions devraient donner lieu à des mesures réglementaires à l’encontre des contrevenants, en fonction de la nature et de la gravité des infractions relevées.
Cette initiative intervient dans un contexte marqué par la multiplication des réclamations des habitants concernant des établissements exerçant sans les autorisations requises. Dans certains quartiers, notamment au niveau des communes périphériques, des caves d’immeubles et d’anciens dépôts ont ainsi été transformés en cafés accueillant du public, en dépit des risques liés au manque de ventilation et à l’absence de dispositifs de prévention et de sécurité, sans compter les nuisances occasionnées au voisinage.
Les trottoirs transformés en extensions commerciales
Parmi les pratiques les plus décriées figure l’accaparement des trottoirs, devenus pour certains exploitants de véritables extensions de leurs commerces. Au-delà de l’installation de tables et de chaises, certains procèdent à des aménagements permanents, parfois sur plus de deux mètres, empiétant largement sur le domaine public, au mépris des superficies autorisées. Une situation qui réduit considérablement les espaces réservés aux piétons, particulièrement sur les grands axes routiers.
Des riverains dénoncent également des travaux de carrelage et de réaménagement qui modifient complètement la configuration des trottoirs, comme si ces espaces publics constituaient le prolongement naturel des établissements commerciaux. L’utilisation de revêtements lisses et inadaptés accentue par ailleurs les risques de glissade et de chute, notamment par temps de pluie, exposant particulièrement les personnes âgées et les femmes enceintes.
Les personnes à mobilité réduite, les malvoyants et les utilisateurs de fauteuils roulants sont également pénalisés par l’encombrement des passages. Faute d’espaces de circulation dégagés, de nombreux piétons sont contraints de descendre sur la chaussée et de se mêler à la circulation automobile.
Au-delà de ces infractions, la multiplication des cafés suscite aussi des interrogations sur leurs répercussions sociales. Certains parents s’inquiètent du temps considérable que des adolescents et des jeunes passent dans ces établissements, parfois au détriment des études, du travail et des obligations familiales. Des préoccupations sont également exprimées concernant certains comportements, notamment les pratiques de jeux d’argent.
D’autres habitants estiment toutefois que les cafés ne sauraient être tenus pour responsables de ces dérives. Ils rappellent que ces lieux constituent des espaces de rencontre et de convivialité, permettant notamment aux jeunes de se retrouver et de suivre les compétitions sportives, dans un contexte marqué par le manque d’infrastructures culturelles, sportives et récréatives dans plusieurs quartiers.
Entre ces perceptions, l’enjeu reste celui d’une régulation équilibrée de l’activité. Les habitants attendent ainsi que les opérations de contrôle débouchent sur des mesures concrètes et durables, allant au-delà de la vérification des documents administratifs pour inclure la libération des trottoirs, la suppression des extensions illicites et le respect effectif des normes sanitaires et sécuritaires. L’objectif étant de préserver les activités commerciales légalement exercées sans sacrifier le droit des citoyens à disposer librement et en toute sécurité des espaces publics.




