Visite historique et triomphale de Tebboune à Béchar

Lancement de la ligne ferroviaire minière Ouest et explosion de joie populaire

R.M

Dans une ferveur populaire débordante, des milliers de citoyens ont réservé dimanche un accueil triomphal au président Abdelmadjid Tebboune, massés le long des artères principales jusqu’à la gare centrale. Occasion : le lancement historique de la ligne ferroviaire minière Ouest (950 km), reliant Gara Djebilet-Tindouf-Béni Abbès-Béchar au complexe d’Oran, couplée à l’exploitation du géant mondial de fer (3,5 milliards de tonnes). Achevés en 24 mois, ces méga-projets propulsent l’Algérie vers l’autosuffisance industrielle, des milliers d’emplois et un hub logistique continental. Accompagné du général Saïd Chanegriha, Tebboune a donné le signal du premier train minier sous les vivats, avant des festivités grandioses animées par 250 artistes sur 15 sites. Les experts locaux saluent une « renaissance économique du Sud », incarnant l’ambition souverainiste nationale.

Cet élan populaire reflète bien plus qu’une simple manifestation de gratitude : il symbolise la reconnaissance profonde pour la valorisation accélérée des méga-projets d’infrastructure, la politique audacieuse de rapprochement du Grand Sud avec le centre névralgique de la décision économique nationale, et la concrétisation tangible d’un équilibre régional longtemps attendu. Accompagné d’une délégation de haut vol comprenant le ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale, Chef d’État-Major de l’Armée nationale populaire, le Général d’Armée Saïd Chanegriha, plusieurs membres du gouvernement, des parlementaires et des experts techniques, M. Tebboune a été reçu avec tous les honneurs militaires et civils par le wali de Béchar, les autorités locales et les élus de la wilaya. Dans un discours improvisé depuis la tribune installée à la gare, le chef de l’État a exprimé sa profonde émotion : « Votre présence massive, votre joie sincère, votre unité exemplaire sont le plus beau carburant pour continuer à bâtir l’Algérie nouvelle, prospère et souveraine que vous méritez tous. Cet accueil est la preuve que le peuple et son président marchent d’un même pas vers l’avenir ! »

Avant la cérémonie officielle, le président est descendu de son véhicule blindé pour serrer des mains, embrasser des enfants brandissant des bouquets de fleurs du désert, discuter avec des familles de mineurs et saluer des vétérans de la Guerre de Libération. Ces instants d’humanité partagée, capturés par les caméras de la télévision nationale et des médias accrédités, ont créé une atmosphère d’émotion collective, immortalisant des images qui feront date dans l’histoire contemporaine de l’Algérie.

Lancement officiel d’une infrastructure pharaonique : 950 km d’ambition stratégique

L’objet central de cette visite mémorable : la présidence par M. Tebboune de la cérémonie officielle de lancement de l’exploitation commerciale de la ligne ferroviaire minière Ouest Gara Djebilet-Tindouf-Béni Abbès-Béchar, unanimement saluée comme l’une des réalisations les plus ambitieuses et les plus rapides de l’histoire de l’Algérie indépendante. Arrivé dans la wilaya à bord d’un convoi sécurisé en milieu de matinée, le chef de l’État s’est immédiatement rendu à la gare centrale de Béchar, fraîchement modernisée pour l’occasion, où l’attendaient les équipes techniques de la Société nationale des transports ferroviaires (SNTF), les ingénieurs du consortium ferroviaire national et les premiers opérateurs miniers.

La visite inaugurale a débuté par un tour complet des installations : salles de contrôle high-tech équipées de systèmes de signalisation automatique, quais renforcés pour trains de 100 wagons, entrepôts de maintenance et centre de formation professionnelle pour conducteurs et mécaniciens. M. Tebboune a longuement échangé avec les cheminots, félicitant leur abnégation lors des phases de tests intensifs menés dans des conditions sahariennes extrêmes (températures dépassant 50°C en journée, tempêtes de sable récurrentes). Parmi les premiers voyageurs arrivés de Tindouf figuraient des géologues du site de Gara Djebilet, des responsables logistiques et des syndicalistes, venus témoigner de la fluidité du premier trajet test.  Le moment culminant de la journée est survenu vers 14h00 : sous les yeux du président, le signal de départ strident de la locomotive diesel-électrique a retenti, libérant le premier train minier officiel – un convoi monstrueux de 84 wagons transportant 8 500 tonnes de minerai de fer brut extrait de Gara Djebilet, en direction du complexe sidérurgique d’Oran. Accompagné d’une salve d’applaudissements tonitruants, de pétards et de sifflets ferroviaires, ce départ symbolique a marqué l’entrée effective de l’Algérie dans une nouvelle ère industrielle, avec un débit initial annoncé de 30 millions de tonnes par an, extensible à 50 millions à moyen terme.

Techniquement, cette ligne de 950 kilomètres constitue un exploit d’ingénierie : écartement standard de 1,435 m, voies renforcées supportant 30 tonnes par essieu, 47 ouvrages d’art majeurs (viaducs sur oueds, ponts ferroviaires-routiers, souterrains anti-inondation), quatre gares principales (Béchar, Béni Abbès, Tindouf, Gara Djebilet) et des antennes secondaires vers Abadla et Hammaguir. Achevé en moins de 24 mois grâce à une mobilisation exceptionnelle de 15 000 ouvriers et ingénieurs algériens, ce projet illustre la capacité du pays à relever les défis les plus complexes du XXIe siècle.

Gara Djebilet : le géant du fer qui propulsera l’Algérie vers l’autosuffisance industrielle

Indissociable de cette infrastructure ferroviaire, l’exploitation à plein régime de la mine de fer de Gara Djebilet (wilaya de Tindouf) représente l’autre joyau de cette stratégie nationale. Découvertes dans les années 1950 par des géologues français mais systématiquement négligées sous la colonisation, ces réserves exceptionnelles – estimées à 3,5 milliards de tonnes prouvées, dont 1,7 milliard immédiatement exploitables – classent Gara Djebilet parmi les cinq plus grands gisements mondiaux, derrière seulement le Brésil et l’Australie. Divisé en trois zones riches (Ouest : 500 Mt, Centre : 1 200 Mt, Est : 900 Mt), le site abrite un minerai à haute teneur (58-62% de fer pur), idéal pour la sidérurgie moderne sans enrichissement préalable coûteux. Dès 2026, la production démarrera à 2-3 millions de tonnes annuelles, avec un ramp-up progressif vers 40-50 millions de tonnes à l’horizon 2030, alimentant directement les usines d’El Hadjar (Annaba), Oran et Tosyalı Algerie. Cette manne permettra à l’Algérie de couvrir 100% de ses besoins nationaux en acier brut (actuellement 70% importé), de développer des industries aval (automobile, construction navale, engins lourds), de générer 25 000 emplois directs sur site et 75 000 indirects dans la logistique et la transformation. Le projet intègre des standards environnementaux élevés : recyclage intégral des eaux de process (économie de 2 millions de m³/an), panneaux solaires pour 40% de l’énergie, reboisement de 5 000 hectares et monitoring permanent de la faune saharienne (gazelles, fennecs).

Voix du terrain : experts et citoyens unanimes dans la fierté nationale

À Béchar, l’événement a suscité un concert d’éloges unanimes. « Ces deux réalisations sont les piliers d’une souveraineté économique retrouvée, la preuve de l’ambition algérienne face au monde », analyse le Pr Yacine Hachouf, éminent professeur de sciences politiques à l’université Tahri Mohamed de Béchar. « Grâce à cette ligne, l’Algérie intègre le quatuor africain des leaders ferroviaires (avec Afrique du Sud, Maroc, Égypte), métamorphosant le Sud-Ouest en hub économique pulsant. C’est l’autosuffisance en matières premières stratégiques assurée, les industries lourdes relancées, des dizaines de milliers d’emplois créés, et un pont logistique vers l’Afrique subsaharienne – ports du Nord reliés au Sahel via Tindouf, positionnant Alger comme pivot euro-africain. » Mme Fatima Nadour, dynamique présidente d’une association culturelle et féminine locale, y voit l’aboutissement de la vision tebbounienne : « Depuis 2019, le président a imprimé une politique d’équilibre territorial inédite : investissements massifs en santé (nouveaux CHU), éducation (pôles universitaires), dessalement (usines à 1,5 million m³/jour) et énergie renouvelable. Le Sud n’est plus périphérique, il est central ! » Abdelkader Abbassi, militant associatif respecté, insiste sur l’impact industriel : « Gara Djebilet = autosuffisance fer/acier, écosystème industriel sudiste (aciéries, laminoirs, câbleries), souveraineté face aux chocs mondiaux. C’est notre renaissance industrielle ! »

Festivités somptueuses : quinze jours de célébration pluridisciplinaire

Enfin, pour sacraliser l’événement, la wilaya de Béchar a déployé un programme festif titanesque sur quinze sites phares, du 25 janvier au 10 février. Soutenu par l’ONCI, il mobilise culture, arts, jeunesse, sports, tourisme et artisanat. M. Tebboune a vibré au pôle universitaire avec chants gnawa, danses touareg et récitals chaâbi. Abdelhamid Nougal, directeur de la Culture, orchestre 250 artistes sur places de la République/Hassi El Beida, dunes de Gouray, stade Ennasr, gares d’Abadla/Hammaguir : raï, baroud de Beni Ounif, fantaisie équestre, expositions 3D ferroviaires, tournois sportifs, circuits 4×4 sahariens, marchés artisanaux (tapis becharis, bijoux touareg). Un docu-fiction télévisé retrace l’épopée. Ces festivités gratuites unissent l’Algérie autour de son destin glorieux.