Djamila M

La cellule psychologique du Croissant-Rouge algérien à Oran prévoit, au cours de l’année 2026, une série de projets stratégiques visant à renforcer le soutien psychologique et social des populations vulnérables. Parmi ses priorités figurent la réintégration familiale, l’accompagnement des femmes sortant de prison, l’étude du phénomène de la mendicité infantile et le suivi des différentes situations psychologiques.

Bahia Chograni, psychologue clinicienne et responsable de la cellule psychologique de la commission wilaya du Croissant-Rouge à Oran, a présenté à « CapDz » les grands axes de l’action prévue pour 2026. L’objectif : consolider l’accompagnement des personnes fragiles et répondre aux besoins psychologiques et sociaux des plus affectés.

Un centre de réinsertion pour les femmes sortant de prison

Parmi les projets phares figure la création d’un centre de réinsertion et de soins destiné aux femmes récemment libérées. Ce dispositif vise à accompagner celles qui subissent une stigmatisation sociale, en leur offrant un soutien psychologique et social complet pour faciliter leur réintégration. Il cible également les femmes victimes de violences ou ayant traversé des situations difficiles, les aidant à retrouver la confiance de leur entourage et à construire une vie stable.

La cellule poursuivra par ailleurs son travail sur la réintégration familiale, en aidant les personnes séparées de leurs proches à renouer le lien familial. Le programme prévoit un accompagnement psychologique personnalisé, complété par des interventions collectives, permettant d’atténuer les effets des traumatismes et de renforcer la stabilité émotionnelle et psychique.

Étude sur la mendicité infantile et suivi psychologique

En 2026, la cellule mènera également une étude approfondie sur la mendicité chez les enfants à Oran. L’objectif est d’en comprendre les causes, d’évaluer ses impacts psychologiques et sociaux, et de définir des stratégies d’intervention efficaces pour protéger les enfants et réduire le risque de marginalisation.

Le suivi psychologique individuel et collectif se poursuivra tout au long de l’année, couvrant les traumatismes liés aux accidents et catastrophes naturelles, l’anxiété, la dépression et le deuil. Il inclut également l’accompagnement des enfants exposés à des situations difficiles, des patients atteints de maladies chroniques ou graves, des personnes âgées, des femmes victimes de violences et des autres publics vulnérables. L’objectif est de proposer un espace sûr où chacun peut exprimer ses difficultés et bénéficier d’un soutien adapté pour surmonter les épreuves.

Formation des bénévoles et élargissement du réseau de soutien

La cellule continuera à former ses bénévoles et à élargir son réseau de soutien psychologique et social. À ce jour, plus de 46 bénévoles ont été formés pour assurer un premier accompagnement psychologique et participer aux séances thérapeutiques individuelles et collectives, ainsi qu’aux ateliers de dialogue et de soutien destinés aux enfants, femmes et personnes âgées.

Selon Bahia Chograni, ces bénévoles constituent le pilier de la cellule, permettant d’atteindre le plus grand nombre de bénéficiaires et de fournir un accompagnement adapté à chaque situation. Des campagnes de sensibilisation sur la santé mentale seront également organisées en partenariat avec la commission médicale, visant à diffuser la culture psychologique, à apprendre aux citoyens à gérer stress et émotions, et à réduire la stigmatisation liée aux troubles psychiques. Ces campagnes incluront la prévention des drogues et la sensibilisation aux risques pour la santé mentale et physique, en particulier chez les jeunes et les populations vulnérables.

Bilan et perspectives pour 2026

Depuis janvier, la commission a pris en charge plus de 20 cas psychologiques. Bahia Chograni souligne que la vision pour 2026 dépasse l’intervention immédiate : elle vise la construction d’une société résiliente sur les plans psychologique et social. Les bénévoles jouent un rôle central, servant de lien entre la commission et les bénéficiaires, et contribuant à étendre la portée du soutien.

Toutes ces initiatives – suivi psychologique, interventions à domicile ou en institutions, sessions individuelles et collectives, formations continues des bénévoles et campagnes de sensibilisation – visent à renforcer le bien-être psychique et social, et à construire une société plus consciente, capable de faire face aux défis et de soutenir ses membres les plus vulnérables.