
H. Nassira
Le moudjahid Mohamed Ben Aboura, ancien cadre du Front de libération nationale (FLN), ex-vice-président de l’Assemblée populaire de wilaya (APW) d’Oran et auteur de plusieurs ouvrages consacrés à l’histoire locale, est décédé samedi à l’âge de 94 ans.
Le défunt a été inhumé au cimetière d’Aïn El Beïda, en présence des membres de sa famille, de ses compagnons de lutte, de nombreux moudjahidine ainsi que de responsables locaux venus lui rendre un dernier hommage.
Figure marquante de la guerre de Libération nationale, Mohamed Ben Aboura avait rejoint les rangs de la Révolution dans la région d’Oran au sein du réseau Abdelwahab, où il militait dans la branche politico-administrative. Son engagement lui valut d’être arrêté le 23 janvier 1957 par la police coloniale française. Présenté au parquet quelques jours plus tard, il fut soumis à la torture avant d’être condamné à cinq années de prison ferme et transféré à la prison de Chlef.
Selon l’historien Abdelkader Djilali, il ne retrouva la liberté que le 23 juillet 1961. À peine libéré, il reprit son activité militante au sein du réseau Abdelhamid dans le secteur de Derb, participant à plusieurs opérations de résistance, notamment durant la période marquée par l’intensification des exactions de l’Organisation armée secrète (OAS).
Un héritage intellectuel au service de l’histoire d’Oran
L’engagement de Mohamed Ben Aboura ne s’est pas arrêté avec le recouvrement de l’indépendance. Animé par le souci de préserver la mémoire collective, il a consacré une part importante de sa vie à la recherche historique et à la transmission du patrimoine mémoriel. Il laisse derrière lui onze ouvrages consacrés à l’histoire d’Oran ainsi que des mémoires retraçant son parcours de combattant et les sacrifices consentis par les moudjahidine pour la libération du pays.
Tout au long de son existence, il est demeuré fidèle aux valeurs de patriotisme et de citoyenneté, plaidant pour l’attachement à la nation et la préservation de sa stabilité. Son parcours a fait de lui l’une des personnalités ayant su conjuguer engagement révolutionnaire, service de l’État et travail de sauvegarde de la mémoire nationale.
Parallèlement à son parcours militant et intellectuel, Mohamed Ben Aboura s’est illustré dans le domaine sportif. Après l’indépendance, il participa au premier championnat national de natation avant d’intégrer, en 1964, le secteur de la jeunesse et des sports. Il y exerça plusieurs responsabilités administratives, notamment celles de directeur de la jeunesse et des sports des wilayas de Mostaganem et d’Oran, jusqu’à son départ à la retraite en 1986.
Sur le plan politique, il poursuivit son engagement au sein du FLN. Élu membre de l’Assemblée populaire de wilaya d’Oran lors de la première mandature (1968-1972), sous la présidence du regretté Dr Belabbès Boudraa, il retrouva la vie institutionnelle durant la mandature 2007-2012 en qualité de vice-président de l’APW. Il assura également les fonctions de président par intérim de la Fédération algérienne de natation.
Avec la disparition de Mohamed Ben Aboura, Oran perd l’un de ses témoins les plus précieux et l’Algérie l’une des figures de cette génération qui a porté les idéaux de la Révolution jusque dans l’édification des institutions nationales. Moudjahid, gestionnaire, homme de sport et auteur, le défunt aura consacré son existence à servir son pays et à préserver la mémoire de ses combats. Les ouvrages et témoignages qu’il laisse constituent un apport majeur à la connaissance de l’histoire locale et nationale et perpétuent le souvenir des sacrifices consentis pour l’indépendance de l’Algérie.



