H. Nassira

Le lancement de la campagne électorale des législatives du 2 juillet n’a pas échappé aux turbulences au sein du Front de libération nationale (FLN) à Oran. À peine les premières opérations de terrain engagées, le parti se retrouve déjà traversé par des tensions internes, ravivées par des divergences autour de la gestion de la campagne et par des spéculations visant le mouhafedh, Bouchikhi Cheikh, dont la position semble fragilisée dans un contexte de recomposition interne.

Alors que ce dernier était pleinement mobilisé par l’installation de la direction de campagne, confiée à Fathallah Chaabani, député et ancien président de l’Assemblée populaire de wilaya, les équilibres internes ont rapidement été bousculés. Cette structure, qui comprend plusieurs cadres du parti, dont le responsable des finances Mouad Abed, avait initialement reçu l’aval d’une large partie des candidats, à l’issue d’une concertation interne. Mais l’accord initial a vite cédé la place à des rivalités de courants, transformant le dossier en point de crispation majeur.

Ces tensions ont finalement débouché sur un réajustement à la tête de la direction de campagne, avec la désignation de Dinar Badr Eddine, membre du comité central, en remplacement de la configuration initiale portée par Fathallah Chaabani.

Dans ce climat déjà chargé, les discussions autour d’un éventuel remplacement, même temporaire, du mouhafedh Bouchikhi Cheikh ont progressivement pris de l’ampleur. Plusieurs noms circulent en interne, dont celui d’Ibrahim Hassani, lui-même candidat aux législatives, soutenu par une partie des militants.

Une dynamique de terrain perturbée par les rivalités internes

Aucune décision officielle n’a, à ce stade, été actée concernant un changement à la tête de la mouhafadha durant la campagne. Toutefois, les tractations de coulisses ont fortement influencé le climat interne, poussant la direction à tenter d’apaiser les tensions à travers une réorganisation inattendue de la structure de campagne.

Cette réorganisation intervient alors même que Fathallah Chaabani avait multiplié les réunions de préparation sur le terrain. La veille, il avait notamment présidé une rencontre à Gdyel consacrée à la mise en place de 14 permanences électorales. Une autre réunion tenue à Oran avait permis de valider l’ouverture de 12 permanences au niveau des délégations. Dans le même élan, la direction de campagne avait programmé le lancement d’une vaste opération d’affichage à partir de ce samedi sur les supports publicitaires dédiés.

Un dispositif de terrain mobilisant 400 volontaires fragilisé par les tensions internes

La structure de campagne avait par ailleurs été élargie à 42 membres, avec un dispositif opérationnel ambitieux reposant sur la mobilisation de près de 400 volontaires issus des rangs militants. Ce dispositif visait à intensifier le travail de proximité, à travers des actions de sensibilisation dans les quartiers, les espaces publics et les zones urbaines, afin de promouvoir la liste du parti, qui porte le numéro 2 dans cette échéance législative.

Dans une déclaration accordée jeudi matin à « Cap Dz », Fathallah Chaabani avait détaillé les grandes lignes de cette stratégie, avant que la situation interne ne connaisse ses récents développements. Il avait également évoqué la préparation de dispositifs d’observation appelés à couvrir près de 300 centres de vote à travers la wilaya.

Mais l’apparition de fractures internes et l’installation précoce d’un climat de compétition entre courants ont, selon des sources partisanes, affecté la dynamique de campagne et le moral de plusieurs candidats. Certains ont ainsi choisi de mener des actions de terrain de manière autonome afin de ne pas perdre en réactivité, tandis que d’autres ont constitué des groupes de proximité pour renforcer leur visibilité dans les quartiers et communes.

Dans le même temps, une partie des militants adopte une posture de retrait face à une ambiance jugée tendue et dominée par des calculs internes. Plusieurs observateurs estiment que certains acteurs du parti sont déjà tournés vers les prochaines échéances locales, cherchant à consolider leurs positions au sein de la formation. Une projection qui accentue les lignes de fracture et ravive les logiques de clans, pesant désormais sur le déroulement de cette campagne législative.