Meriem B
L’Université d’Oran 1 Ahmed Ben Bella accueille, depuis ce lundi et jusqu’au 17 juin, la Semaine Oran-Alicante 2026, une manifestation culturelle et académique d’envergure placée sous le thème « Culture, mémoire et stratégies de développement méditerranéen ». Inscrite dans une dynamique de coopération entre les deux villes jumelées, cette rencontre ambitionne de consolider les échanges intellectuels et de faire émerger une réflexion partagée autour du patrimoine, de l’identité et des modèles de développement durable en Méditerranée.
La cérémonie d’ouverture, organisée au complexe universitaire Dr Taleb-Mourad Salim, a réuni universitaires, chercheurs, experts et acteurs culturels des deux rives, confirmant la dimension transméditerranéenne de l’événement.
Un espace académique pour réinventer le dialogue méditerranéen
Dans son intervention, le recteur de l’Université d’Oran 1, le professeur Abdelmalek Amine, a insisté sur le rôle stratégique de la diplomatie académique et culturelle comme outil de rapprochement entre les peuples. Il a souligné que les universités doivent aujourd’hui s’imposer comme des espaces de dialogue, de compréhension mutuelle et de construction de l’avenir commun.
Le recteur a également tenu à remercier les partenaires impliqués, notamment Casa Mediterráneo, l’Institut Cervantes et l’Université d’Alicante, saluant une coopération qui illustre, selon lui, la vitalité des liens entre Oran et les institutions espagnoles. Il a enfin rappelé la vocation méditerranéenne d’Oran, ville ouverte et carrefour historique, mettant en avant son attractivité et son positionnement comme métropole culturelle en pleine affirmation.
De son côté, le doyen de la Faculté des sciences humaines, le professeur Mohamed Bendjebour, a rappelé la profondeur historique des relations entre l’Algérie et l’Espagne. Il a évoqué une mémoire partagée s’étendant sur plusieurs siècles et a souligné que cette semaine constitue une étape importante dans le renforcement des ponts académiques, artistiques et pédagogiques entre Oran et Alicante. Il a également insisté sur la nécessité de valoriser le patrimoine urbain, notamment la vieille ville, dans une perspective de développement durable.
Patrimoine partagé et diplomatie culturelle en action
La dimension scientifique a été enrichie par une conférence du spécialiste espagnol Jordi Tresserras, président et expert des itinéraires culturels au sein d’Ibertur. Ce dernier a mis en avant le concept de patrimoine méditerranéen comme capital immatériel commun, capable de soutenir des dynamiques économiques, culturelles et touristiques durables. Il a plaidé pour une diplomatie publique active fondée sur les échanges entre universités, société civile et institutions culturelles, rappelant la continuité du projet avec une future semaine Alicante-Oran prévue en Espagne.
L’Institut Cervantes d’Oran, par la voix de son directeur Juan Manuel Cid Muñoz, a présenté le programme des activités culturelles qui se poursuivront jusqu’au 17 juin, incluant des rencontres artistiques, des projections et un festival musical. Il a annoncé notamment une programmation à l’école supérieure d’hôtellerie, ainsi qu’un concert prévu à la salle El Maghreb.
La culture comme passerelle entre les sociétés
La chercheuse à l’Université d’Alicante, la professeure Naïma Benaïcha Ziani, a pour sa part souligné la nécessité de faire connaître la culture algérienne en Espagne, estimant qu’elle demeure encore insuffisamment visible. Elle a affirmé son engagement à travers les activités culturelles prévues pour rapprocher les publics hispanophones de la richesse patrimoniale algérienne.
À travers cette initiative, Oran et Alicante confirment leur volonté de transformer la culture en levier de rapprochement durable, où la mémoire partagée devient un moteur de coopération et d’innovation méditerranéenne.




