Fatima B.

Avec ses 3,5 milliards de tonnes de réserves de minerai de fer, Gara Djebilet n’est pas seulement l’un des plus grands gisements au monde. Il est devenu le symbole d’une Algérie qui mise désormais sur ses richesses minières pour bâtir une industrie puissante, diversifier son économie et renforcer sa souveraineté économique.

Conscient des enjeux stratégiques de ce projet hors norme, le gouvernement a réuni jeudi à Alger les principaux acteurs concernés afin d’accélérer sa concrétisation. Autour du ministre d’État, ministre de l’Énergie et des Mines, Mohamed Arkab, étaient présents le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, le ministre des Travaux publics et des Infrastructures de base, Abdelkader Djellaoui, ainsi que le ministre des Mines et de l’Industrie minière, Mourad Hanifi.

Cette rencontre interministérielle n’avait rien d’une simple réunion de suivi. Elle traduit la volonté des pouvoirs publics de faire de Gara Djebilet un véritable levier de transformation économique à l’échelle nationale. De l’extraction du minerai jusqu’à sa transformation en acier, en passant par le transport ferroviaire et le traitement industriel, c’est toute une chaîne de valeur qui est en train de prendre forme.

Au cœur de cette dynamique figure la ligne ferroviaire minière reliant Gara Djebilet à Tindouf puis Béchar. Véritable artère logistique du projet, cette infrastructure est appelée à assurer le transport de millions de tonnes de minerai vers les unités de traitement et les complexes sidérurgiques du pays. Les ministres ont insisté sur la nécessité de renforcer les capacités de cette ligne stratégique afin d’accompagner la montée en puissance de la production.

Les avancées enregistrées sur le terrain témoignent d’ailleurs de l’accélération du chantier. L’unité de traitement primaire du minerai a dépassé les 95 % de réalisation et se trouve désormais dans sa phase d’essais techniques, prélude à son entrée en exploitation prochaine.

Autre maillon essentiel de cette chaîne industrielle, le projet de production de concentrés de fer de Toumiat, dans la wilaya de Béchar, développé en partenariat entre Feraal et Tosyali Algérie. Une infrastructure appelée à augmenter considérablement la valeur ajoutée des ressources minières nationales et à renforcer l’approvisionnement des unités de transformation.

La réunion a également permis de faire le point sur le futur complexe sidérurgique de Bethioua, à Oran. Ce projet d’envergure doit constituer l’un des principaux débouchés industriels du minerai de Gara Djebilet et renforcer davantage l’intégration industrielle nationale dans le secteur du fer et de l’acier.

Au-delà des chiffres et des infrastructures, Gara Djebilet apparaît aujourd’hui comme un projet de souveraineté. Un projet capable de créer des milliers d’emplois, de dynamiser les wilayas du Sud-Ouest, de réduire la dépendance aux importations et de positionner l’Algérie comme un acteur majeur de l’industrie sidérurgique régionale.

Le message adressé par les ministres est sans équivoque : l’heure n’est plus aux études ni aux projections. L’objectif est désormais d’accélérer les réalisations, de lever les contraintes administratives et techniques et de faire de Gara Djebilet l’un des moteurs de la croissance algérienne pour les décennies à venir.