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265 journalistes martyrs à Ghaza, un crime contre l’humanité

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Wassila. B

Le dernier rapport du Syndicat des journalistes palestiniens dresse un réquisitoire accablant contre le génocide en cours à Ghaza : 265 journalistes tombés en martyrs depuis octobre 2023, et près de 900 autres déplacés parmi les 1 200 reporters recensés dans l’enclave. Ces chiffres ne sont pas de simples statistiques ; ils représentent le démantèlement systématique de l’infrastructure même de la vérité. Alors que plus de 80 % des bureaux et institutions médiatiques ont été détruits ou endommagés par les bombardements sionistes, nous n’assistons pas à des dommages collatéraux. Nous sommes confrontés à l’étouffement délibéré du récit, à une tentative de mener la guerre non seulement sur le terrain, mais aussi sur la mémoire historique elle-même. À Ghaza, le journaliste n’est pas un observateur neutre, mais une cible privilégiée ; et le silence de la communauté internationale face à ce carnage est une complicité que l’histoire ne pardonnera pas.

Les conditions décrites par le Syndicat brossent le tableau d’une survie médiévale à l’ère numérique. Contraints d’opérer depuis des tentes, des voies publiques ou des abris de fortune, les reporters sont désormais réduits à utiliser des téléphones portables avec un accès intermittent à Internet pour contourner le blocus de l’information. Ce n’est plus du journalisme tel que nous le concevons ; c’est un acte de résistance contre l’effacement. La destruction des infrastructures médiatiques ne menace pas seulement la sécurité physique ; elle paralyse le processus journalistique lui-même, depuis la vérification des sources jusqu’à la protection des témoins. Lorsqu’un reporter ne peut garantir l’anonymat de sa source ni même sa propre survie, le concept même de presse libre est anéanti. Les conclusions du rapport révèlent une cruelle ironie : ceux qui sont chargés de témoigner des souffrances sont contraints de les vivre, leurs outils professionnels devenant des bouées de sauvetage dans une zone de guerre. Ce ciblage systématique nous oblige à poser une question fondamentale sur l’ordre international. La communauté internationale, si prompte à condamner les atteintes à la liberté de la presse ailleurs, est restée largement inerte s’agissant de Ghaza. L’appel du Syndicat palestinien pour une protection urgente, des espaces de travail temporaires et sécurisés, ainsi qu’un soutien psychologique, n’est pas une requête charitable ; c’est une exigence du minimum requis par le droit international humanitaire. Les journalistes sont des civils, et leur ciblage délibéré constitue un crime de guerre. Pourtant, les résolutions s’enlisent, les condamnations sont édulcorées et les assassins de journalistes agissent en toute impunité. L’incapacité à faire respecter la protection des institutions et du personnel médiatiques à Ghaza n’est pas un échec politique ; c’est une défaillance morale, qui révèle l’application sélective des droits de l’homme lorsqu’il s’agit de vies palestiniennes.

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