
Djamila M
Faire émerger des projets de recherche capables de rivaliser à l’échelle internationale, renforcer les compétences des enseignants-chercheurs et rapprocher l’université de son environnement économique : tels sont les objectifs de la Summer School SPARK 2026, dédiée à l’ingénierie des projets Erasmus+, dont les travaux ont été lancés samedi à l’École normale supérieure (ENS) d’Oran.
Organisée du 19 au 23 juillet, cette université d’été réunit une centaine d’enseignants-chercheurs venus de différents établissements du pays autour d’un programme intensif consacré au montage de projets internationaux, avec un intérêt particulier pour l’entrepreneuriat appliqué au secteur du tourisme. Cette initiative s’inscrit dans la stratégie du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique visant à accélérer l’internationalisation de l’université algérienne et à renforcer sa présence dans les grands programmes européens de coopération.
Placée sous le patronage du ministère, la manifestation est organisée conjointement par l’ENS d’Oran, l’École supérieure en génie électrique et énergétique (ESGEE) d’Oran et la Direction du tourisme de la wilaya d’Oran, avec l’appui du laboratoire SIGMA LAB de l’Université Oran 1 Ahmed Ben Bella. Une synergie qui traduit la volonté de créer des passerelles entre le monde universitaire, les institutions publiques et les acteurs socio-économiques afin de faire de la recherche un véritable levier d’innovation et de développement.
Cette école d’été s’inscrit dans le cadre du projet IPTICAR, financé par l’Union européenne dans le cadre du programme d’appui à la politique d’internationalisation de la recherche et de l’innovation menée en partenariat avec le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. L’ambition est de doter les chercheurs algériens des outils méthodologiques indispensables pour concevoir des projets compétitifs, susceptibles de décrocher des financements européens et de développer des partenariats académiques internationaux.
Miser sur l’expertise pour décrocher des financements internationaux
En marge de l’ouverture des travaux, la professeure Fatiha Kaïd, directrice chargée de l’information, de la communication et des relations extérieures à l’ENS d’Oran, a indiqué que SPARK 2026 s’inscrit dans le cadre du projet de jumelage « Ibtikar », financé par l’Union européenne en partenariat avec le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, à travers la Direction de la coopération et des échanges interuniversitaires.
Selon elle, la priorité consiste à doter les enseignants-chercheurs des compétences nécessaires à la conception et à la gestion de projets de recherche internationaux, notamment dans le cadre des programmes européens. Elle a relevé que l’Algérie enregistre une progression encourageante dans l’intégration de ses projets au sein de ces dispositifs, le ministère affichant l’ambition d’en accroître significativement le nombre dans les prochaines années.
Le choix de consacrer cette édition au tourisme répond, a-t-elle expliqué, au potentiel stratégique de ce secteur en matière d’innovation, d’entrepreneuriat et de développement territorial. Elle a, à cet égard, salué la contribution de la Direction du tourisme de la wilaya d’Oran, qui a identifié plusieurs problématiques de terrain destinées à être transformées en projets de recherche susceptibles de concourir aux appels européens de financement de 2027.
Une centaine de chercheurs encadrés par dix experts européens
La Summer School accueille dix experts européens chargés d’accompagner les participants dans toutes les étapes de l’élaboration d’un projet, depuis la définition de la problématique jusqu’à la constitution des partenariats internationaux et la préparation des dossiers de candidature.
L’engouement suscité par cette initiative témoigne de l’intérêt grandissant des universitaires algériens pour les programmes internationaux. Plus de 150 chercheurs issus des universités nationales avaient exprimé le souhait d’y prendre part, mais les capacités d’accueil fixées par le ministère ont limité la participation à une centaine de bénéficiaires.
L’apprentissage par le projet au cœur de la formation
De son côté, la professeure Ibtissem Raïs Ali, directrice du laboratoire SIGMA LAB, a souligné que cette école d’été s’inscrit pleinement dans les objectifs du projet IPTICAR, qui vise à accompagner la modernisation de la gouvernance universitaire, à soutenir l’internationalisation de la recherche et à renforcer les capacités des enseignants-chercheurs dans le montage de projets à haute valeur scientifique.
La formation repose sur une approche pédagogique fondée sur « l’apprentissage par le projet ». Répartis en dix groupes de travail, les participants sont accompagnés par les experts européens afin de transformer une idée de recherche en un projet structuré répondant aux standards internationaux.
Les ateliers couvrent l’ensemble du processus de conception : formulation de l’idée, définition des objectifs, choix des partenaires, répartition des responsabilités, élaboration du plan qualité, évaluation de l’impact, construction du budget et préparation des présentations finales, qui seront soumises à un jury au terme de la session.
Les organisateurs espèrent ainsi développer une véritable culture du travail collaboratif, stimuler l’innovation et accroître les capacités des chercheurs algériens à intégrer les futurs appels à projets Erasmus+ et les autres programmes européens.
Consolider le partenariat entre l’université et son environnement économique
Le directeur de l’ENS d’Oran a souligné que cette initiative reflète l’engagement de son établissement en faveur de l’innovation académique, de l’ouverture sur les expériences internationales et de l’accompagnement des compétences universitaires dans le développement de projets à fort impact scientifique et économique, notamment dans les domaines du tourisme, de l’entrepreneuriat, de l’intelligence artificielle et de l’innovation.
La participation de la Direction du tourisme de la wilaya d’Oran illustre également la volonté de rapprocher les préoccupations du terrain des laboratoires de recherche, afin de transformer les besoins exprimés par les professionnels en solutions scientifiques et technologiques adaptées aux enjeux du développement local.
Cette démarche s’inscrit dans une vision plus large visant à faire de la recherche universitaire un moteur de création de valeur, au service de l’économie de la connaissance et de la diversification économique.
Le ministère confirme son cap vers l’internationalisation
Pour sa part, la Dre Samira Chader, sous-directrice des programmes de coopération universitaire et de recherche au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, a estimé que cette Summer School constitue un levier stratégique pour promouvoir l’entrepreneuriat dans le domaine du tourisme grâce aux mécanismes de coopération européenne.
Elle a souligné que cette initiative, portée conjointement par l’ENS d’Oran, l’ESGEE et la Direction du tourisme, constitue un exemple concret de partenariat entre l’université et son environnement socio-économique, particulièrement pertinent dans une wilaya comme Oran où le tourisme représente un secteur à fort potentiel.
La responsable a rappelé que le ministère poursuit sa stratégie visant à ouvrir davantage l’université algérienne sur son environnement international, tout en renforçant son ancrage économique et social. L’acquisition des compétences en ingénierie de projets constitue, selon elle, un facteur déterminant pour améliorer la visibilité des établissements algériens dans les réseaux de recherche internationaux et accroître leur participation aux programmes européens.
Au-delà de son volet pédagogique, SPARK 2026 se veut ainsi un espace de coopération scientifique, de mise en réseau et de maturation de projets appelés à concourir aux appels européens de financement de 2027. Une ambition qui traduit la volonté des pouvoirs publics de faire de l’innovation, de la recherche appliquée et de l’ouverture internationale des universités les piliers de la construction d’une économie fondée sur le savoir.



