La mise au point historique de Tebboune à la France

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Wassila. B

La déclaration historique du président Abdelmadjid Tebboune, affirmant que « l’Algérie n’a jamais demandé un quota de visas à la France », tombe à point nommé pour rétablir une vérité que l’extrême droite en France, s’évertue à déformer. Alors que les débats hexagonaux s’enflamment autour d’une prétendue « revendication algérienne » sur les chiffres de délivrance, le chef de l’État algérien coupe court, avec une fermeté salutaire, à toute tentative d’instrumentalisation. Il ne s’agit pas ici d’une simple rectification technique, mais d’une réaffirmation de la posture de l’Algérie, qui n’a jamais placé la relation bilatérale sous le signe du marchandage ou de la dépendance. Par cette sortie médiatique, le président Tebboune rappelle à tous que l’Algérie, pays souverain et fier, ne mendie rien à personne. « L’Algérie ne fera jamais la manche », a-t-il martelé, une formule qui résume à elle seule une philosophie diplomatique constante depuis le recouvrement de l’indépendance. En rejetant clairement l’idée d’avoir sollicité un nombre précis de visas, ou même d’avoir abordé ce sujet avec les autorités françaises, le chef de l’État met fin aux polémiques stériles et renvoie dos à dos ceux qui, de part et d’autre, tentent de réduire la coopération bilatérale à un simple jeu de chiffres. Ce faisant, le président a également eu le mérite de dissocier le dossier des visas de celui, autrement plus lourd, de la mémoire. En affirmant n’avoir jamais demandé ni excuses ni indemnisation, il recentre le débat sur l’essentiel : la relation entre Alger et Paris ne saurait se résumer à des contentieux historiques ou à des ajustements administratifs. Elle doit être bâtie sur le respect mutuel et la reconnaissance réciproque, sans que l’un des deux partenaires n’ait à rabaisser sa dignité pour obtenir des concessions. C’est une position d’équilibre et de hauteur qui honore notre diplomatie.

Cette mise au point présidentielle n’est pas une fin en soi, mais un préalable indispensable à toute relance saine de la relation franco-algérienne. Elle redonne aux discussions à venir leur véritable dimension, loin des mensonges médiatiques. L’Algérie se présente ainsi comme un partenaire exigeant mais constructif, qui n’accepte ni les leçons ni les injonctions, mais qui reste ouvert à un dialogue respectueux sur tous les sujets, à condition que celui-ci se déroule entre égaux. C’est cette fermeté courtoise, alliée à la clarté du discours, que cet éditorial salue sans réserve.

Au-delà de la seule question des visas, cette prise de parole présidentielle dessine en creux les contours d’une diplomatie algérienne mature et assumée, qui refuse de se laisser enfermer dans des polémiques artificielles entretenues par certains cercles politiques français. En rappelant que l’Algérie n’a jamais été demandeuse (ni sur les chiffres, ni sur les excuses), le président Tebboune déplace habilement le centre de gravité des échanges vers les véritables enjeux de coopération : économie, énergie, et coopération mutuellement bénéfique.