Habib Benaouda 

Le dossier médical électronique entre dans sa phase opérationnelle dans la région Ouest. Après les étapes de préparation et de formation, l’équipe régionale chargée de son déploiement a entamé ses sorties de terrain dans huit wilayas afin d’accompagner les équipes locales et d’accélérer l’intégration de ce nouvel outil au sein des établissements de santé.

L’objectif est clairement fixé : généraliser l’utilisation du dossier médical électronique dans les structures sanitaires dans un délai ne dépassant pas trois mois. Une échéance qui impose une mobilisation soutenue des équipes chargées de la numérisation, mais également une formation adaptée des personnels appelés à utiliser quotidiennement le nouveau système.

Pilotée par Bekouche Dahbia, responsable de la numérisation à l’échelle de la wilaya et de la région et présidente de l’équipe régionale du dossier médical électronique, cette opération repose sur un accompagnement direct des équipes locales. Les sorties programmées permettront notamment d’apporter les orientations techniques nécessaires, de répondre aux difficultés rencontrées et de suivre l’intégration effective du système dans les différentes structures.

La démarche s’inscrit dans le processus de transformation numérique engagé par le secteur de la santé, avec l’ambition de rompre progressivement avec la gestion traditionnelle des dossiers sur support papier. À terme, le nouveau dispositif doit permettre de disposer d’un système d’information sanitaire unifié, facilitant la consultation et le partage des données médicales tout en améliorant le parcours du patient.

Un outil appelé à transformer le parcours du patient

Pour le directeur de la santé et de la population de la wilaya d’Oran, Kaci Abdallah, l’entrée effective dans l’utilisation du dossier médical électronique interviendra après l’achèvement de la formation des utilisateurs. Médecins, personnels paramédicaux et agents administratifs doivent ainsi être familiarisés avec les différentes fonctionnalités du système avant son utilisation à grande échelle.

Le responsable a, par ailleurs, mis en avant l’origine nationale de cette solution, développée grâce à l’apport d’ingénieurs, de techniciens et de médecins algériens. Sa conception a été orientée vers les besoins spécifiques du secteur sanitaire national.

Cette phase opérationnelle intervient après une première étape de formation organisée le mois dernier par la Direction de la santé et de la population d’Oran, en coordination avec l’établissement hospitalier du 1er Novembre. Une journée régionale avait alors permis aux utilisateurs de prendre connaissance des mécanismes, fonctionnalités et modalités de fonctionnement du système.

Le directeur de l’établissement hospitalier du 1er Novembre, Berr Rabah, avait souligné à cette occasion que la numérisation et le dossier électronique du patient figurent désormais parmi les priorités du secteur. La généralisation du dispositif devrait, selon lui, contribuer à rationaliser la gestion des établissements et à améliorer les capacités des praticiens en matière de diagnostic précoce et de prise en charge.

Fini, à terme, le dossier transporté d’une structure à l’autre

L’un des principaux changements attendus concerne le parcours du patient. Avec la généralisation de la carte nationale d’identité sanitaire, celui-ci pourra, à terme, se présenter dans n’importe quel établissement de santé sans avoir à transporter son dossier médical papier. Les informations seront rattachées à son numéro d’identification national, permettant ainsi leur consultation dans les structures intégrées au système.

Pour le médecin, l’intérêt est également majeur. L’accès à l’historique médical, aux consultations antérieures, aux examens et aux analyses permettra d’avoir une vision plus complète du parcours de soins. Il sera ainsi possible de limiter la répétition d’examens déjà réalisés, de gagner du temps et de disposer d’éléments supplémentaires pour orienter le diagnostic et la décision thérapeutique.

Plusieurs établissements sanitaires ont déjà atteint des niveaux avancés de numérisation, notamment certaines salles de soins polyvalentes et structures hospitalières. La priorité est désormais d’étendre progressivement cette couverture à l’ensemble des établissements concernés.

Une transformation qui dépasse le seul dossier du patient

La numérisation du dossier médical constitue l’un des volets d’un programme plus large du ministère de la Santé, qui comprend près de 15 projets consacrés à la modernisation du secteur. Le raccordement des établissements aux réseaux de fibre optique, la formation des personnels et la maîtrise du cadre juridique et réglementaire relatif au système d’information sanitaire figurent notamment parmi les axes retenus.

Le dispositif prévoit également un renforcement de la coordination avec les services de la Sécurité sociale dans le cadre du conventionnement, ainsi que la valorisation de l’expérience des établissements pilotes ayant déjà franchi des étapes importantes dans leur transformation numérique.

L’intégration progressive des différentes spécialités médicales doit, à terme, permettre de constituer un système de santé plus interconnecté, capable de faire circuler l’information médicale avec davantage de rapidité et d’efficacité.

Avec le lancement des sorties régionales, le dossier médical électronique quitte donc progressivement le terrain de la formation pour entrer dans celui de l’application. Les trois prochains mois devraient constituer une période déterminante pour mesurer la capacité des établissements de santé de l’Ouest à s’approprier ce nouvel outil et à concrétiser la transition vers une gestion numérique, intégrée et plus fluide de l’information médicale.