Ilyes K
À quelques mois des prochaines élections locales, le Front de libération nationale (FLN) traverse une nouvelle zone de turbulences à Oran. Alors que la direction de la mouhafadha s’emploie à finaliser l’installation des Kasmas à travers la remise des procès-verbaux de désignation de leurs responsables, des signes de profondes dissensions internes refont surface. La disparition de cinq membres du bureau de wilaya, introuvables depuis la répartition officielle des responsabilités, alimente les interrogations et ravive les tensions au sein de l’ex-parti unique.
Selon des informations recueillies auprès de sources internes, ces responsables, qui s’étaient illustrés par une lutte d’influence autour de la direction de la campagne des dernières élections législatives, ne participent plus à aucune activité organique. Leur retrait intervient dans un contexte où le FLN peine encore à digérer les résultats des dernières législatives, marquées par un recul sensible de sa représentation à l’Assemblée populaire nationale, une contre-performance qui continue de nourrir les règlements de comptes au sein de la formation politique.
Dans les coulisses de la mouhafadha, les spéculations vont désormais bon train sur un éventuel changement à la tête de la structure locale. Une note anonyme, diffusée ces derniers jours sans signature ni indication sur l’identité de ses rédacteurs, réclame ouvertement l’éviction du mouhafedh d’Oran. Le document fait état d’un affaiblissement de l’organisation locale, évoquant le départ de militants, l’inactivité de plusieurs Kasmas ainsi qu’une série de démissions, dont celles de trois élus et d’un secrétaire de Kasmas intervenues, selon ses auteurs, en l’espace de vingt-quatre heures.
Cette initiative est interprétée par plusieurs observateurs comme un nouvel épisode de la guerre des clans qui mine depuis plusieurs années les structures locales du FLN. Derrière cette offensive, certains cadres du parti verraient une tentative de peser sur le processus de préparation des prochaines élections afin d’imposer leurs propres candidats aux futures investitures.
Les divisions internes constituent depuis longtemps l’un des principaux facteurs ayant fragilisé le FLN dans la wilaya d’Oran. Les rivalités entre courants ont progressivement réduit sa capacité de mobilisation, entraînant une perte d’influence lors des différents rendez-vous électoraux, notamment dans les assemblées communales, où le parti a cédé plusieurs présidences, avant d’enregistrer un résultat jugé largement en deçà des attentes lors des dernières législatives.
Face à la multiplication des rumeurs, la direction de la mouhafadha oppose un démenti catégorique. Contactée à ce sujet, une source au sein du bureau de wilaya affirme que les informations relayées sur certaines pages des réseaux sociaux relèvent d’une campagne de désinformation destinée à perturber les préparatifs du FLN en vue des prochaines échéances électorales.
La même source assure que le siège de la mouhafadha poursuit normalement ses activités, reçoit quotidiennement les militants et accompagne l’organisation des Kasmas afin de renforcer leur présence sur le terrain. Malgré la période estivale, marquée par les congés et les fortes chaleurs, les permanences sont maintenues et les activités partisanes se poursuivent sans interruption.
Selon cette source, le FLN d’Oran demeure l’une des rares formations politiques de la wilaya à communiquer quotidiennement sur ses activités à travers sa page officielle, alors que la plupart des partis ont considérablement ralenti leur rythme durant la saison estivale.
Quant aux informations faisant état de démissions au sein du bureau de wilaya, elles sont formellement rejetées. L’absence prolongée des cinq membres concernés depuis la répartition des missions aurait, selon la direction, été abusivement assimilée à une démission, alors qu’aucune procédure officielle en ce sens n’a été engagée.
Reste que cette absence prolongée, conjuguée à la circulation de documents anonymes et à la résurgence des rivalités internes, témoigne d’un climat de crispation qui risque de compliquer davantage la préparation du FLN aux prochaines élections locales, un scrutin que le parti aborde avec l’ambition de reconquérir son influence dans les assemblées élues après plusieurs revers successifs.




