Habib Benaouda
La crise du transport persiste dans la daïra de Oued Tlélat, où les habitants des villages et des zones périphériques dénoncent l’absence de dessertes régulières vers les centres urbains. Malgré l’annonce du renforcement du parc roulant, les usagers estiment que le problème ne saurait être réglé par la seule mise en circulation de nouveaux bus. Ils réclament une véritable réorganisation du réseau, avec des lignes officiellement identifiées et adaptées aux besoins des populations.
Les services concernés ont annoncé, dans ce cadre, l’affectation de nouveaux bus au pôle urbain de Oued Tlélat. Cette opération intervient au titre d’une dotation de dix véhicules relevant de l’Entreprise de transport d’Oran (ETO), destinée à renforcer les dessertes urbaines et interurbaines. Une mesure qui intervient alors que le pôle urbain connaît une croissance démographique soutenue, avec, à la clé, une demande de plus en plus importante en matière de mobilité.
Mais derrière les besoins du nouveau pôle urbain, les difficultés demeurent entières dans plusieurs villages. El Moulak, El Fathia, El Chekalil et El Mehdia figurent parmi les localités qui réclament depuis un certain temps la mise en place de lignes régulières et officiellement autorisées. Le recul de l’activité de certains transporteurs privés a davantage compliqué les déplacements quotidiens des habitants.
Deux bus pour désenclaver les villages
Les habitants demandent notamment l’affectation d’au moins deux bus pour assurer la liaison entre ces localités et Oued Tlélat. Ils souhaitent également que les terminus, les itinéraires et les arrêts soient clairement définis et que des autorisations officielles soient délivrées aux transporteurs appelés à assurer ces dessertes.
La question du contrôle du service est également soulevée. Les usagers dénoncent des changements d’itinéraires et l’abandon de certaines dessertes, particulièrement durant les heures de pointe, lorsque la demande est la plus forte.
À Khdaïmia, la situation n’est guère différente. Les usagers font état de longues attentes pour rejoindre leurs destinations, poussant certains à recourir au transport informel, notamment aux véhicules communément appelés « Toyota ».
Tafraoui confrontée aux mêmes difficultés
Le déficit de desserte se fait également sentir à Tafraoui, notamment sur les liaisons vers Oued Tlélat, Oran et Es-senia. Pour les travailleurs et les étudiants, ces insuffisances se traduisent par des temps de trajet plus longs et, dans certains cas, par la nécessité de multiplier les correspondances pour rejoindre leurs lieux de travail ou d’études.
Pour les habitants, l’enjeu dépasse donc largement la question du nombre de bus disponibles. L’urgence réside, selon eux, dans la création de lignes officielles, une répartition des véhicules en fonction de la densité de population et des besoins réels des différents villages, ainsi qu’un suivi régulier du respect des itinéraires et des horaires.
Dans une région où les déplacements quotidiens conditionnent l’accès au travail, aux études et aux services, le renforcement du parc roulant ne pourra produire pleinement ses effets sans une restructuration du réseau. Pour les habitants des villages de Oued Tlélat, il s’agit désormais moins de disposer de davantage de bus que de pouvoir compter sur un transport régulier, identifié et fiable.




