
Par Meriem B
Renforcer les passerelles entre les promoteurs immobiliers algériens et les investisseurs établis à l’étranger. C’est l’ambition affichée par Norddine Kaddour, directeur général du Salon de la promotion immobilière en Algérie (SPIA). Dans un entretien accordé à CapDz, il revient sur le succès de la première édition organisée à Lille en 2025 et dévoile les grandes ambitions de l’édition 2026, qui se tiendra successivement à Lyon puis à Lille. Pour lui, le SPIA dépasse désormais le simple cadre d’un salon professionnel : il ambitionne de devenir une véritable plateforme économique au service de l’investissement immobilier algérien en Europe.
CapDz : Après une première édition organisée à Lille, le SPIA revient cette année avec une formule inédite. Pourquoi avoir choisi de franchir cette nouvelle étape ?
Norddine Kaddour : La première édition nous a confortés dans l’idée qu’il existait une véritable attente de la part de la diaspora algérienne. Nous pensions répondre à un besoin, mais nous avons découvert une demande encore plus importante que prévu. Beaucoup d’Algériens vivant en France souhaitent investir dans leur pays d’origine, acquérir un logement, préparer leur retour ou simplement constituer un patrimoine. En revanche, ils éprouvent souvent des difficultés à identifier des interlocuteurs fiables et à obtenir des informations précises.
Le SPIA est né précisément pour répondre à cette problématique. Notre ambition est de rapprocher les investisseurs des promoteurs, de créer un espace de dialogue et de confiance où chacun peut échanger directement avec les professionnels, comparer les projets, comprendre les procédures et prendre des décisions en toute connaissance de cause.
Fort de cette expérience, nous avons décidé d’élargir notre dispositif. En 2026, le salon se déroulera d’abord à Lyon, les 18, 19 et 20 septembre, avant de rejoindre Lille les 25, 26 et 27 septembre. Cette double implantation permettra de couvrir deux grands bassins de population où réside une importante communauté algérienne et d’offrir aux exposants une visibilité beaucoup plus large.
CapDz : Le succès rencontré à Lille semble avoir dépassé les attentes des organisateurs…
N.K. : Effectivement. Les résultats ont été extrêmement encourageants. Pendant trois jours, les promoteurs ont reçu un flux continu de visiteurs. Beaucoup sont venus avec des projets très concrets d’acquisition. Les exposants ont enregistré un nombre important de contacts qualifiés et plusieurs ventes ont été conclues directement sur place.
Mais au-delà des chiffres, ce qui nous satisfait le plus, c’est la qualité des échanges. Les visiteurs ont apprécié de pouvoir rencontrer directement les décideurs, sans intermédiaires, dans un climat de transparence. Ils ont pu comparer les programmes, poser toutes leurs questions et obtenir des réponses immédiates.
Nous avons également constaté que de nombreux visiteurs revenaient une deuxième journée pour approfondir leurs démarches, parfois en famille. Cela démontre que les décisions d’investissement immobilier nécessitent un temps de réflexion et que le salon constitue un véritable espace d’accompagnement.
CapDz : La question de la confiance revient régulièrement lorsqu’il est question d’investissement immobilier à distance. Comment le SPIA répond-il à cette préoccupation ?
N.K. : C’est certainement l’un des principaux défis. Acheter un bien immobilier lorsqu’on réside à plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de kilomètres, suppose de pouvoir disposer d’informations fiables et de garanties suffisantes.
C’est pourquoi nous avons souhaité que le SPIA soit bien plus qu’un espace d’exposition. Nous avons intégré une forte dimension pédagogique et juridique. Les visiteurs peuvent échanger avec les promoteurs, les établissements financiers et les spécialistes du secteur afin d’obtenir une vision globale de leur futur investissement.
Les conférences animées par Maître Reda Benounane, président de la Chambre nationale des notaires, ont constitué un moment fort du salon. Elles ont permis d’apporter des réponses détaillées sur les actes notariés, les garanties juridiques, les procédures d’acquisition, les financements et les droits des acquéreurs. Beaucoup de visiteurs nous ont confié avoir retrouvé la confiance nécessaire pour concrétiser leurs projets.
CapDz : Au-delà des transactions immobilières, souhaitez-vous également modifier l’image de la promotion immobilière algérienne auprès de la diaspora ?
N.K. : Tout à fait. L’immobilier algérien a considérablement évolué ces dernières années. Les promoteurs proposent aujourd’hui des programmes répondant à des standards de qualité de plus en plus exigeants, avec des prestations modernes et des solutions de financement adaptées.
Notre rôle consiste aussi à mettre en valeur cette évolution. Nous voulons montrer que les opérateurs algériens disposent aujourd’hui d’un véritable savoir-faire et qu’ils sont capables de proposer des projets fiables, innovants et conformes aux attentes des investisseurs établis à l’étranger.
Le SPIA participe ainsi à renforcer la crédibilité du secteur et à promouvoir une image moderne de la promotion immobilière nationale.
CapDz : La communication semble également constituer un levier essentiel de votre stratégie…
N.K. : Absolument. Nous avons déployé une communication très ciblée afin de toucher directement notre public. Nous avons mobilisé les réseaux sociaux, les plateformes numériques, la radio, les médias communautaires ainsi que les associations de la diaspora en France, mais également en Belgique, au Luxembourg et dans plusieurs pays du Benelux.
L’objectif n’était pas simplement d’attirer du monde, mais de faire venir des visiteurs ayant un véritable projet d’investissement. Cette stratégie nous a permis de réunir un public particulièrement qualifié et motivé.
Pour l’édition 2026, cette campagne sera encore renforcée afin d’élargir notre audience et d’accroître la notoriété du salon auprès des investisseurs potentiels.
CapDz : Quels avantages les promoteurs retireront-ils de cette double édition entre Lyon et Lille ?
N.K. : Ils bénéficieront avant tout d’une double opportunité commerciale. En participant aux deux salons, ils pourront rencontrer des milliers de visiteurs appartenant à deux bassins géographiques complémentaires. Cela leur permettra de multiplier les contacts, d’augmenter leurs perspectives de vente et d’optimiser leur retour sur investissement.
Notre objectif est également d’assurer un accompagnement avant, pendant et après le salon afin que chaque contact établi puisse être valorisé dans la durée.
Nous voulons offrir aux promoteurs une véritable plateforme de développement commercial sur le marché européen.
CapDz : Quelle vision portez-vous pour les prochaines années ?
N.K. : Notre ambition est de faire du SPIA la principale vitrine de la promotion immobilière algérienne en Europe. Nous souhaitons accompagner durablement les promoteurs dans leur stratégie d’ouverture vers les marchés internationaux et renforcer les liens économiques entre l’Algérie et sa diaspora.
Le potentiel est considérable. Les Algériens établis à l’étranger conservent un attachement profond à leur pays et manifestent un intérêt réel pour l’investissement immobilier. En leur offrant un cadre professionnel, transparent et sécurisé, nous contribuons à créer un climat de confiance favorable à la concrétisation de leurs projets.
Le SPIA est appelé à évoluer avec les attentes du marché. Notre volonté est d’en faire un rendez-vous économique incontournable où se rencontrent promoteurs, investisseurs, banques, notaires et experts, dans une logique de partenariat durable. C’est cette dynamique que nous voulons inscrire dans le temps et renforcer à chaque nouvelle édition.



