
Wassila. B
En cette Journée nationale du moudjahid, le président Abdelmadjid Tebboune nous offre un message qui dépasse la simple commémoration pour toucher à l’essence même de l’identité algérienne. En saluant « le génie ayant inspiré la glorieuse génération de Novembre », il ne rend pas seulement hommage à des hommes et des femmes d’exception ; il rappelle que la Révolution de libération nationale fut avant tout une épopée de l’intelligence, du courage et de la vision. Le double anniversaire de l’Offensive du Nord-Constantinois et du Congrès de la Soummam n’est pas une coïncidence calendaire : il est le symbole de deux dimensions indissociables de la lutte algérienne, la puissance du combat sur le terrain et la clairvoyance de l’organisation politique. Le Chef de l’État, par ses paroles, invite toute la nation à puiser dans cette mémoire vive les ressorts de sa résilience et de sa grandeur.
L’éloge présidentiel adressé aux moudjahidine, martyrs et survivants, est un acte de justice et de reconnaissance. En évoquant ceux qui « ont combattu avec abnégation jusqu’à la victoire », M. Tebboune souligne que la liberté ne fut pas un don, mais une conquête arrachée au prix du sang et de la sueur. Il met en lumière une vérité trop souvent oubliée : face à la plus redoutable puissance coloniale de l’époque, soutenue par l’Alliance atlantique, la Révolution algérienne a su opposer non seulement la force des armes, mais aussi une architecture institutionnelle et une stratégie multidimensionnelle qui ont bouleversé l’équilibre mondial. Le Congrès de la Soummam, en particulier, demeure un modèle de maturation politique, où la lutte armée s’est doublée d’un projet de société, d’institutions et de rayonnement international, une leçon pour toute nation en quête de souveraineté.
Le message du Président ne se tourne cependant pas uniquement vers le passé. En reliant le sacrifice des aïeux aux défis du présent, il trace un pont entre la révolution armée et la révolution du développement. L’Algérie victorieuse dont il parle est celle qui consolide un État fort, s’appuie sur la conscience de sa jeunesse et préserve sa cohésion nationale face aux vents contraires. C’est une invitation à ne pas réduire le 20 août à une simple date dans les manuels d’histoire, mais à en faire un phare pour les politiques publiques, l’édification économique et le rayonnement diplomatique. La « génération de Novembre » avait promis un Algérie libre ; à la génération d’aujourd’hui, le Président rappelle qu’il lui incombe de bâtir une Algérie prospère, souveraine et respectée.
En cette journée de recueillement et de fierté, l’éditorialiste ne peut que s’incliner devant la constance d’un Chef d’État qui, depuis son accession à la magistrature suprême, n’a cessé de placer la mémoire des moudjahidine au cœur du récit national. En appelant les jeunes à s’inspirer des « immenses sacrifices » pour « faire rayonner le pays », M. Tebboune inscrit l’hommage dans une dynamique d’avenir.

