Djamila M
La pâtisserie gagne du terrain dans les établissements de formation professionnelle de la wilaya d’Oran. La spécialité attire un nombre croissant de jeunes, séduits autant par les débouchés qu’elle offre que par la possibilité de transformer un savoir-faire en activité indépendante. Entre insertion professionnelle, créativité et entrepreneuriat, la filière semble répondre aux aspirations d’une génération à la recherche de métiers concrets et rapidement valorisables.
À l’Institut de formation Larbi Karim Esseddikia, l’engouement se traduit déjà par des effectifs conséquents. Abdelsamad Hatraf, chef du service de l’apprentissage, indique que quatre groupes sont actuellement inscrits dans cette spécialité, à raison de 30 apprentis par groupe. Pour la prochaine session, 60 nouvelles places pédagogiques sont programmées.
Une formation d’une année
Dispensée sur une année, la formation associe apprentissages théoriques et pratique professionnelle. Les stagiaires sont initiés aux différentes étapes du métier, depuis le choix des ingrédients et les techniques de préparation jusqu’à la cuisson, la décoration et la présentation des produits. L’objectif est de leur permettre d’acquérir les bases nécessaires à une insertion dans le secteur, mais également de disposer des compétences indispensables à une éventuelle installation à leur compte.
Cette dernière perspective constitue précisément l’un des principaux facteurs d’attractivité de la spécialité. La pâtisserie offre aujourd’hui des possibilités qui dépassent largement le cadre des commerces traditionnels. Commandes personnalisées, production à domicile, prestations pour les fêtes et événements ou encore création de petites marques constituent autant de créneaux accessibles aux jeunes disposant d’un savoir-faire maîtrisé.
La créativité comme moteur
L’autre atout de la filière réside dans la place accordée à la créativité. Marwa Soualmia, stagiaire à l’Institut Larbi Karim Esseddikia, considère que la pâtisserie ne se résume pas à l’apprentissage de recettes. Elle exige, selon elle, précision, patience et capacité d’innovation. La formation lui permet ainsi d’acquérir une expérience qu’elle envisage de valoriser ultérieurement, soit dans le cadre d’un emploi, soit à travers un projet personnel.
Cette dimension créative se retrouve également dans les enseignements dispensés. Les stagiaires ne se limitent pas aux préparations classiques et découvrent des produits correspondant aux nouvelles tendances du marché. Yasser Rafsi cite notamment les drip cakes, les tartelettes et d’autres créations qui connaissent un succès croissant auprès des consommateurs.
Les réseaux sociaux ont largement contribué à cette évolution. En faisant circuler rapidement de nouvelles recettes et des techniques de décoration venues d’horizons différents, ils ont également modifié les attentes des consommateurs et stimulé la demande pour des produits personnalisés et innovants.
Pour Fayez Nouar et Zoubir Boujemaa, stagiaires dans la spécialité, cette évolution renforce l’intérêt de la formation. La maîtrise des techniques constitue, à leurs yeux, un préalable pour ceux qui souhaitent, à terme, travailler à leur compte. L’apprentissage permet d’acquérir les fondamentaux avant d’envisager une spécialisation, puis éventuellement un investissement dans une activité propre.
Au-delà de la recherche d’un emploi, la pâtisserie apparaît ainsi comme une porte d’entrée vers l’entrepreneuriat. Avec 60 places supplémentaires prévues lors de la prochaine session, l’Institut Karbi Karim Esseddikia entend répondre à une demande qui ne semble pas faiblir. Une tendance qui illustre, plus largement, le regain d’intérêt des jeunes pour les métiers pratiques susceptibles de déboucher sur une insertion professionnelle ou sur la création d’une activité génératrice de revenus.




