Meriem B
Les vulnérabilités climatiques du Nord-Ouest algérien et les réponses à leur apporter ont été au centre, mardi à Oran, du deuxième atelier régional de concertation consacré à l’élaboration du Plan national d’adaptation aux changements climatiques. Cette rencontre, qui a réuni des représentants des wilayas d’Oran, Sidi Bel Abbès, Aïn Témouchent, Relizane, Mascara, Mostaganem et Tlemcen, s’inscrit dans une démarche nationale visant à faire des réalités territoriales un élément central de la future politique d’adaptation.
Représentants des collectivités locales, secteurs ministériels, organismes publics, experts et acteurs institutionnels ont pris part aux travaux, avec l’objectif de confronter les expériences de terrain et de dégager les priorités propres à cette partie du pays.
À Oran, la réflexion a porté sur les particularités d’un territoire soumis à des pressions climatiques multiples, mais également marqué par une forte concentration d’activités économiques. La façade maritime, les ressources naturelles, les espaces agricoles et les zones industrielles constituent autant de paramètres à intégrer dans l’élaboration des réponses futures.
Le littoral au premier plan
Les enjeux liés au littoral ont occupé une place importante dans les discussions. L’érosion côtière, l’intrusion des eaux marines dans les terres et la vulnérabilité des zones agricoles littorales figurent parmi les problématiques examinées au cours de cette rencontre.
Les participants ont également abordé la question du suivi des évolutions climatiques et des capacités d’adaptation, ainsi que les besoins en matière de données, de compétences, de financement et de coordination entre les différents intervenants.
Cette réflexion prend une dimension particulière dans une région où coexistent des activités maritimes et côtières avec d’importants pôles industriels. La zone pétrochimique d’Arzew et de Bethioua illustre notamment la nécessité d’intégrer les spécificités économiques du territoire dans l’approche d’adaptation.
Vers des priorités opérationnelles
L’ambition de la concertation est désormais de dépasser le stade du diagnostic pour faire émerger des priorités susceptibles d’être traduites en actions. Les contributions recueillies dans les différentes régions doivent ainsi alimenter le futur Plan national d’adaptation et permettre de mieux prendre en compte les besoins propres à chaque territoire.
La démarche engagée par le ministère de l’Environnement et de la Qualité de vie bénéficie du soutien du Programme des Nations unies pour le développement et d’un financement du Fonds vert pour le climat. Elle vise à doter l’Algérie d’un cadre permettant de renforcer progressivement ses capacités d’adaptation face aux effets des changements climatiques, à court, moyen et long termes.
La concertation régionale constitue, dans cette perspective, une étape déterminante. Elle doit permettre de confronter les orientations nationales aux réalités vécues sur le terrain et de faire remonter les propositions des différents acteurs concernés.
Après Oran, le processus se poursuivra à Sétif, avant une dernière étape à Alger. Les résultats des quatre ateliers régionaux seront ensuite consolidés dans le projet de Plan national d’adaptation, qui sera soumis à la Commission nationale interministérielle du climat.
L’enjeu dépasse ainsi la seule production d’un document stratégique : il s’agit d’installer progressivement une démarche d’adaptation capable de tenir compte des différences entre territoires et de rapprocher la décision nationale des réalités locales.




