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Directeur du barrage de Hammam Boughrara à CapDz: « Les rejets transfrontaliers menacent la qualité des eaux de la Tafna »

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Bakhta Bacha 

Les rejets d’eaux usées et d’effluents industriels en provenance de la région d’Oujda constituent une préoccupation environnementale pour le bassin de la Tafna. Interrogé par CapDz, Sofiane Naït Amar, directeur du barrage de Hammam Boughrara, souligne les efforts engagés pour lutter contre cette pollution et préserver une ressource essentielle à l’alimentation en eau potable et à l’irrigation. D’une capacité de 161 millions de mètres cubes, l’ouvrage affiche actuellement un taux de remplissage de 30 %.

La pollution transfrontalière s’impose comme l’un des enjeux majeurs de la préservation des ressources hydriques dans la wilaya de Tlemcen. Au cœur de cette problématique, le barrage de Hammam Boughrara, alimenté par l’oued Tafna, représente une infrastructure stratégique dont la protection revêt une importance particulière, au regard des usages auxquels ses eaux sont destinées.

« Nous sommes confrontés à un problème de pollution provenant de la frontière ouest », explique Sofiane Naït Amar, directeur du barrage, dans une déclaration à CapDz. Le responsable fait état de rejets d’eaux usées et d’effluents industriels en provenance de la région d’Oujda, qui transitent par l’oued Mouilah avant d’atteindre le bassin de la Tafna. Une situation préoccupante qui soulève la question de la qualité des eaux et de la nécessité de préserver durablement cette ressource.

Face à cette problématique, le directeur rappelle que des efforts importants ont été consentis par l’État algérien pour lutter contre la pollution et protéger les réserves du barrage. La maîtrise des apports polluants constitue, à cet égard, un enjeu essentiel pour la sauvegarde de la ressource, dont dépendent plusieurs usages stratégiques. La vigilance s’impose d’autant plus que les cours d’eau ne connaissent pas de frontières et que les pollutions générées en amont peuvent avoir des répercussions au-delà de leur point d’origine.

Une ressource stratégique pour plusieurs régions

Mis en service en 1999, le barrage de Hammam Boughrara est situé dans la commune du même nom, dans la wilaya de Tlemcen. Avec une capacité théorique de 161 millions de mètres cubes, il constitue un maillon important du dispositif d’approvisionnement en eau de la région. Selon Sofiane Naït Amar, le volume actuellement stocké atteint 49 millions de mètres cubes, soit un taux de remplissage de 30 %.

L’ouvrage assure notamment l’alimentation en eau potable du couloir ouest de la wilaya de Tlemcen, depuis Hammam Boughrara jusqu’à Marsa Ben M’hidi, à proximité de la frontière. Il contribue également à l’approvisionnement des villes d’Oran et d’Aïn Témouchent, dans le cadre de quotas spécifiques attribués par le ministère de l’Hydraulique. Ces transferts sont réalisés à travers l’oued Tafna, a expliqué M. Nait Amar.

Au-delà de l’alimentation des populations, le barrage joue aussi un rôle dans le soutien à l’activité agricole. Ses eaux sont destinées à l’irrigation, notamment dans le périmètre de la Tafna et de l’Isser, ainsi qu’à travers les prélèvements opérés dans l’oued Tafna. Cette pluralité d’usages confère à la qualité de la ressource une importance particulière, aussi bien pour la sécurité de l’approvisionnement que pour les besoins du secteur agricole, toujours selon le même responsable.

Préserver la qualité des eaux, un impératif

Dans ce contexte, la lutte contre la pollution ne saurait se limiter à la protection de la retenue elle-même. Elle implique également une vigilance sur les apports qui alimentent le cours d’eau en amont et sur les rejets susceptibles d’altérer la qualité du milieu aquatique. La question revêt une dimension transfrontalière qui appelle une attention soutenue, compte tenu de la circulation des eaux entre les territoires.

Si le directeur du barrage insiste sur les efforts engagés par les pouvoirs publics algériens, sa déclaration met également en lumière l’importance d’une surveillance durable de la ressource et de la prévention des rejets polluants. L’enjeu est de préserver un ouvrage qui contribue à l’alimentation en eau potable de plusieurs agglomérations et au maintien des activités agricoles dans la région.

À Hammam Boughrara, la question de la disponibilité de l’eau reste ainsi étroitement liée à celle de sa qualité. La protection du barrage et du bassin de la Tafna constitue un impératif environnemental et stratégique, dans un contexte où les pressions exercées sur la ressource peuvent fragiliser les équilibres hydriques dont dépendent les populations et les exploitants agricoles.

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