Fatima Benyekhlef

Plus grand barrage de la wilaya de Tlemcen, Hammam Boughrara est alimenté notamment par l’oued Tafna et l’oued Mouilah, dont les eaux charrient une pollution préoccupante. À cette pression sur la ressource hydrique s’ajoute l’envasement de la retenue, qui a déjà dépassé les 12 millions de mètres cubes, selon Dr Nadia Zekri, enseignante-chercheuse au département des ressources forestières de l’université de Tlemcen.
Le barrage de Hammam Boughrara, principal ouvrage hydraulique de la wilaya de Tlemcen, fait face à deux défis environnementaux majeurs : la pollution des eaux de l’oued Mouilah et l’accumulation progressive des sédiments dans sa retenue. Doté initialement d’une capacité de stockage de 177 millions de mètres cubes, cet ouvrage est alimenté par deux cours d’eau importants, l’oued Tafna et l’oued Mouilah, dont les apports conditionnent en partie la disponibilité de la ressource hydrique.
Si l’oued Tafna prend sa source et poursuit son cours dans la wilaya de Tlemcen, l’oued Mouilah traverse le territoire du pays voisin avant de rejoindre le bassin versant du barrage, entraînant avec lui une importante charge polluante. Une situation qui accentue les contraintes pesant sur la qualité des eaux stockées dans cet ouvrage stratégique.
À cette problématique s’ajoute celle de l’envasement, un phénomène qui réduit progressivement la capacité utile des barrages et compromet, à terme, leur rendement hydraulique. Selon Dr Nadia Zekri, enseignante-chercheuse au département des ressources forestières de l’université Aboubakr Belkaïd de Tlemcen, le volume des sédiments accumulés dans la retenue de Hammam Boughrara dépasse désormais les 12 millions de mètres cubes.
Face à cette situation, les travaux de protection et d’aménagement des bassins versants constituent un levier essentiel pour limiter l’érosion hydrique des sols et ralentir le transport des matériaux vers le barrage. L’enseignante-chercheuse souligne, à ce titre, la contribution des services des forêts aux opérations d’aménagement des bassins versants alimentant la retenue.
Ces interventions visent notamment à réduire le ruissellement, à stabiliser les sols et à limiter les quantités de terre entraînées par les eaux de pluie vers les cours d’eau, puis vers le barrage.
La recherche universitaire en appui
Le département des ressources forestières de l’université de Tlemcen s’intéresse également à cette problématique à travers plusieurs travaux de recherche consacrés aux opérations d’aménagement entreprises par les services des forêts et à leur contribution à la réduction de l’envasement.
Des étudiants ont ainsi été encadrés dans le cadre d’études portant sur la réhabilitation des bassins versants et les moyens de limiter les apports sédimentaires dans la retenue. Ces recherches permettent d’examiner les effets des aménagements réalisés et d’approfondir les connaissances sur les mécanismes de dégradation des sols et de transport des sédiments.
La préservation de Hammam Boughrara passe donc par une approche intégrée associant protection des bassins versants, suivi scientifique et lutte contre les sources de pollution. Un enjeu d’autant plus important que la sauvegarde de la capacité de stockage du barrage et l’amélioration de la qualité de ses eaux sont indissociables de la gestion durable des ressources hydriques dans la région.
