Bakhta B

Face à l’aggravation du stress hydrique, l’Algérie est appelée à renforcer sa stratégie de sécurité hydrique en combinant dessalement, réutilisation des eaux usées et lutte contre les déperditions dans les réseaux. Pour l’ancien ministre de l’Hydraulique et des Ressources en eau, Mustapha Kamel Mihoubi, la gestion rigoureuse de la ressource sera déterminante pour répondre aux besoins futurs.

La sécurité hydrique s’impose comme un enjeu stratégique majeur pour l’Algérie à l’horizon 2030-2040. C’est le constat développé par Mustapha Kamel Mihoubi, ancien ministre de l’Hydraulique et des Ressources en eau, lors de son intervention consacrée à la gouvernance intégrée des ressources hydriques dans le pays après 2030.

S’appuyant sur les indicateurs internationaux du stress hydrique et les projections relatives à l’évolution des besoins, l’intervenant a mis en évidence les pressions croissantes sur les ressources disponibles. Il a rappelé que la vulnérabilité hydrique ne se mesure pas uniquement aux volumes mobilisables, mais dépend également de la qualité de l’eau, de sa répartition dans le temps et dans l’espace, ainsi que des conditions d’accès et de gestion.

Dans cette perspective, l’ancien ministre a souligné l’importance de disposer d’indicateurs fiables pour évaluer les ressources renouvelables, mesurer les pressions exercées sur les réserves et anticiper les déséquilibres. Une démarche qui doit, selon lui, éclairer les choix publics et inscrire la politique de l’eau dans une vision intégrée et durable.

Le dessalement et la chasse aux fuites

Concernant les perspectives nationales, Mustapha Kamel Mihoubi a préconisé la poursuite du développement des capacités de dessalement à l’horizon 2035, parallèlement au renforcement de la réutilisation des eaux usées traitées. Mais au-delà de ces investissements, il a particulièrement insisté sur la nécessité de réduire les pertes enregistrées dans les réseaux de distribution.

Selon ses estimations, la lutte contre les fuites pourrait permettre de récupérer entre 500 millions et un milliard de mètres cubes d’eau par an. Un potentiel considérable, équivalant, à titre de comparaison, à la production de vingt stations de dessalement d’une capacité de 50 000 mètres cubes par jour.

Pour l’ancien ministre, la réponse au défi hydrique ne saurait donc reposer exclusivement sur la mobilisation de nouvelles ressources. Elle exige également une gestion économiquement efficiente, une rationalisation des usages et une meilleure maîtrise de la demande. Autant de leviers qu’il juge indispensables pour consolider la sécurité hydrique du pays et préserver les ressources au profit des générations futures.