À l’approche de la campagne électorale, les soupçons d’instrumentalisation du mouvement associatif ravivent le débat sur l’attribution des aides publiques. Des acteurs locaux réclament davantage de transparence et préconisent le report de la distribution des subventions.
Habib Benouda
À Oran, les relations entre certains élus candidats aux prochaines élections locales et des associations activant dans plusieurs communes suscitent des interrogations croissantes. En toile de fond, des tentatives présumées de ralliement de responsables associatifs à certaines listes, dans l’espoir de tirer profit de leur ancrage local et de leurs réseaux pour mobiliser les électeurs.
Les subventions publiques accordées aux associations se retrouvent ainsi au cœur des préoccupations. Acteurs de proximité, ces organisations disposent de relais dans les quartiers et auprès de différentes catégories sociales, un atout qui pourrait susciter les convoitises de candidats en quête de soutiens à l’approche du scrutin.
Le risque d’une instrumentalisation politique
Cette situation relance le débat sur l’indépendance du mouvement associatif et sur les éventuelles pressions liées aux promesses de financement ou à la régularisation de dossiers de subvention. Des pratiques qui, si elles étaient avérées, risqueraient de brouiller la frontière entre l’action associative et les stratégies électorales.
Face à ces inquiétudes, des voix s’élèvent pour réclamer le report de la distribution des aides financières jusqu’au lancement de la campagne électorale, afin d’écarter tout soupçon d’utilisation des deniers publics à des fins politiques. Les défenseurs de cette démarche plaident également pour davantage de transparence dans l’examen des dossiers et pour des garanties d’équité entre les associations.
La prudence reste toutefois de mise. L’octroi d’une subvention à une association ne constitue pas, en soi, la preuve d’une instrumentalisation électorale. De même, l’engagement d’un responsable associatif sur une liste de candidats n’est pas nécessairement irrégulier. Seules des pratiques contraires à la loi ou un usage abusif des fonds publics pourraient caractériser un éventuel manquement.
La transparence comme garde-fou
L’enjeu réside donc dans l’application de critères objectifs, fondés sur la nature des projets, la conformité des dossiers et les besoins exprimés, sans interférence politique ou personnelle. Les autorités locales sont, à ce titre, appelées à préserver une séparation nette entre la gestion communale et la compétition électorale.
La publication des décisions d’attribution, assorties de justifications claires en cas d’acceptation ou de rejet, contribuerait à réduire les zones d’ombre et à consolider la confiance.
À l’approche des élections, la crédibilité du scrutin passe aussi par la préservation du tissu associatif et la protection de l’argent public. Les électeurs attendent des candidats des programmes et des réponses concrètes à leurs préoccupations, tandis que les associations aspirent à un soutien équitable, loin des pressions et des calculs électoraux.




