Habib Benaouda  

Les services de santé scolaire de la wilaya d’Oran intensifient les consultations ophtalmologiques au profit des élèves, notamment ceux de première année moyenne, afin de détecter précocement les troubles de la vision et d’assurer le suivi des cas déjà signalés. En toile de fond, la nécessité d’une meilleure implication des parents, dont certains tardent à donner suite aux orientations médicales, au risque de compromettre la santé de leurs enfants et leur parcours scolaire.

Les unités de dépistage et de suivi sanitaire ont engagé, hier, une nouvelle opération d’examens ophtalmologiques ciblant les élèves des établissements éducatifs. Cette démarche s’inscrit dans le cadre du programme de santé scolaire et vise à évaluer l’évolution des troubles diagnostiqués lors de la précédente année scolaire, tout en veillant à la prise en charge des enfants nécessitant des soins spécialisés.

Une attention particulière est accordée aux élèves chez lesquels une baisse de l’acuité visuelle a été décelée au primaire. Orientés vers les services hospitaliers spécialisés, ces enfants doivent bénéficier des examens nécessaires et, selon leur état, d’un traitement adapté ou de lunettes correctrices.

Des parents encore peu réactifs aux orientations médicales

Le suivi de ces élèves révèle toutefois des insuffisances. Une spécialiste en médecine scolaire déplore le manque de réactivité de certains parents, malgré les certificats médicaux qui leur ont été remis pour les inciter à consulter des ophtalmologistes. Un retard qui peut favoriser l’aggravation des troubles visuels et compliquer la prise en charge.

Au-delà de l’enjeu sanitaire, la question touche directement aux apprentissages. Une vision déficiente peut empêcher l’élève de lire correctement ce qui est inscrit au tableau, de suivre les explications et d’assimiler les cours dans de bonnes conditions. Non diagnostiqués ou insuffisamment traités, ces troubles sont susceptibles de peser sur les résultats scolaires et l’intégration en classe.

Selon des données de la Direction de l’éducation, seuls 35 % des élèves ayant bénéficié de lunettes correctrices ont enregistré une amélioration de leur niveau scolaire durant la précédente année. Un indicateur qui souligne la nécessité d’un suivi rigoureux et d’une coopération plus étroite entre parents, enseignants et professionnels de santé.

Vaccination et maladies chroniques au cœur du suivi

En parallèle, la campagne de vaccination se poursuit dans les écoles au profit des élèves de première année primaire. Encadrée par les équipes médicales, elle comprend la deuxième dose des vaccins contre la poliomyélite, le tétanos et la diphtérie. Les services concernés font état de la disponibilité de stocks importants et d’une progression satisfaisante de l’opération.

Les examens périodiques couvrent également la santé bucco-dentaire. Une spécialiste en médecine dentaire relève une sensibilisation grandissante des enfants à l’hygiène des dents, tout en plaidant pour la poursuite des actions préventives et une implication accrue des familles.

Autre priorité : les maladies chroniques, notamment l’asthme, les allergies et le diabète, qui exigent une surveillance régulière en milieu scolaire. Un pédiatre du Centre hospitalo-universitaire d’Oran fait état d’environ 5 000 nouveaux cas d’allergies et d’asthme recensés chaque année chez les enfants âgés de 6 à 17 ans.

Dans cette perspective, la réception prochaine de trois unités de dépistage et de suivi sanitaire devrait renforcer les moyens d’intervention des équipes médicales. Coordonné avec la Direction de l’éducation, ce dispositif entend consolider la prévention et améliorer la prise en charge des élèves. Son efficacité restera néanmoins tributaire de la vigilance des parents, appelés à assurer le suivi des examens et à respecter les prescriptions médicales.